Handicap et reconstruction : regards croisés sur un parcours inspirant
Le 9 avril, la MGP et la Mission Sport de la Police nationale organisaient à l'UGC Ciné Cité Bercy une projection-débat autour du parcours d'Oscar Burnham, para-skieur, réserviste et membre de l'équipe Police nationale.
Une centaine de personnes ont répondu présent. Ministère de l'Intérieur, Agence Nationale du Sport et Fédération Française Handisport : des institutions pleinement mobilisées avec la MGP pour une soirée d'échanges, de témoignages et de sensibilisation. Une soirée dense, portée par des histoires vraies, qui ne laisse pas indemne.
Un temps fort autour du handicap, du sport et de la reconstruction
A 18h, Jean-Harry Royer, vice-président de la MGP, a ouvert la soirée en rappelant l'engagement de la mutuelle en matière de handicap et d'accompagnement des agents du ministère de l'Intérieur, et en soulignant le rôle essentiel du sport dans les parcours de reconstruction. Stéphane Benaïm, responsable de la communication de la Mission Sport, a ensuite pris la parole pour introduire la projection, saluant le soutien de la MGP dans la concrétisation de ce projet.
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Le film : Pas peur du bonheur
À 18h15 démarrait la projection de Pas peur du bonheur, documentaire d'Ambroise Abondance consacré à Oscar Burnham — deux amis d'enfance, une caméra, et sept ans de vie à traverser ensemble.
Oscar est savoyard. Il skie, il grimpe, il rêve de devenir guide de haute montagne. À 19 ans, juste après les résultats du bac, une électrocution, un arrêt cardiaque, une chute de huit mètres. Et l'amputation de sa main gauche.
Le film retrace avec justesse et sensibilité cette reconstruction après l'accident, de 2018 jusqu'à l'entrée en équipe de France, en passant par les premiers Jeux paralympiques de Pékin et la préparation pour Milan Cortina 2026. Au-delà de l'épreuve sportive, il met en lumière des valeurs humaines essentielles : la reconstruction, le courage, la solidarité, l'amitié. Autant de sujets portés par une réalisation de talent qui lui ont valu la mention spéciale du jury au Xplore Alpes Festival 2025, prix Territoire Tarentais et le prix Infonews. Mais ce qui frappe avant tout, c'est la densité du réel — ce jeune homme qui apprend à vivre autrement, sa famille et ses amis en arrière-plan mais essentiels, portant une douleur qu'ils n'ont pas choisie non plus.
Une table ronde sur le handicap et sa prise en charge au sein du ministère de l’Intérieur
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Crédits photos : SICoP
Après la projection, des applaudissements. Puis quatre voix pour prolonger la réflexion. Au cœur des échanges : handicap, sport, reconstruction et accompagnement des agents.
Oscar Burnham, est revenu sur son engagement au sein de la Police nationale, notamment à travers la réserve, comme une manière de concrétiser un projet de vie. Il est revenu sur le moment où tout a basculé, sur ce qui a été le plus dur à traverser : accepter ce qui ne peut plus changer, et faire face aux regards des autres.
Ambroise Abondance, réalisateur et ami d'enfance, est revenu sur sa place de témoin : qu'est-ce qu'on voit chez l'autre que lui ne voit pas encore ? À quel moment se dit-on qu'une histoire doit être racontée ? Il a parlé de doute, de légitimité, et de ce que filmer quelqu'un change — pour celui qui filme autant que pour celui qui est filmé.
Emmanuel Feray, ambassadeur handicap de la Police nationale et formateur aux techniques d'intervention au SDLP, lui-même amputé d’une jambe, a rappelé que le sport est un levier accessible à tous — fait de petites victoires — qui permet de réapprendre, de se reconstruire et d'aller de l'avant. En 2021, un cancer invasif le place devant un choix brutal : « C'était soit j'étais amputé, soit on me laissait que quelques mois à vivre. » La rééducation, le handi-kayak jusqu'au haut niveau, le retour sur la voie publique en tant que policier amputé : son parcours dit quelque chose d'essentiel sur ce que la volonté, soutenue par une hiérarchie bienveillante, peut rendre possible.
Aurélie Martin, cheffe du bureau des conditions de vie au travail et politique du handicap à la DRH du ministère de l'Intérieur, a replacé ces trajectoires dans un cadre institutionnel concret. Elle l'a dit clairement : « Être en situation de handicap, ce n'est pas être moins. » Les agents du ministère ont développé une capacité remarquable à faire face, à se mobiliser, quelle que soit la situation — une exigence professionnelle qui les forge également face à l'épreuve personnelle. Au ministère de l'Intérieur, plus de 7 765 agents, dont environ 4 200 au sein de la Police nationale, sont en situation de handicap. Un réseau de près de 300 correspondants les accompagne à travers tout le territoire, et en 2025, plus d’1,5 million d'euros ont été investis pour l'aménagement des postes — un budget appelé à augmenter.
Les questions de la salle ont ensuite pris le relais, enrichissant les échanges de témoignages et de perspectives venues du public.
Ce qu'on retient
Une soirée ne résout rien. Elle ne guérit pas, elle ne légifère pas. Mais elle peut déplacer quelque chose, dans la façon dont on regarde un collègue, dont on interprète une absence, dont on formule une demande d'aménagement. Car le sport, comme l'ont montré Oscar et Emmanuel, n'est pas seulement une performance : c'est un levier de reconstruction et d'accompagnement. Le handicap ne définit pas un homme. C'est ce qu'il en fait qui le révèle.
Cette soirée, initiée par la MGP, mutuelle à mission, en partenariat avec la Mission Sport de la Police nationale, illustre pleinement l'engagement de la MGP en faveur de l'accompagnement des agents du ministère de l'Intérieur, en particulier sur les enjeux liés au handicap.
Le film Pas peur du bonheur est disponible ici.
Rendez-vous le 30 juin prochain pour un petit déjeuner consacré au continuum de sécurité — Immeuble Lumière, Paris Bercy.