La MGP, la mutuelle des forces de sécurité, accompagne au quotidien les policiers et leur famille. Cette population est en première ligne face aux risques psychosociaux. Les derniers mois ont été notamment marqués par un nombre élevé de suicides dans la police, mettant au grand jour le malaise et la souffrance des femmes et des hommes qui protègent les concitoyens.

 

La question du suicide au sein des forces de police est aujourd’hui au cœur des préoccupations. Au côté des acteurs référents (ministère de l’Intérieur, associations, syndicats…), la MGP mène une politique volontariste pour prévenir les risques psychosociaux.

 

Les forces de sécurité : une population particulièrement exposée aux risques psychosociaux

En 2019, 59 agents ont mis fin à leurs jours, selon un décompte de la police, contre 35 en 2018. L’année 2020 commence aussi tragiquement. La MGP, fondée depuis 60 ans par et pour les policiers, a fait de l’accompagnement psychologique des forces de sécurité une priorité.

 

 « Les membres des forces de sécurité ont vu leur activité fortement évoluer au cours de ces dernières années. Confrontés à une pression sécuritaire particulièrement élevée, ils effectuent des missions opérationnelles plus fréquentes. Le nombre de suicides, au plus haut depuis 1996, confirme le malaise et la vulnérabilité dont ils souffrent. Nous ne pouvons ignorer ces signaux de détresse. Il en va de notre responsabilité d’accompagner et de soutenir à la fois nos adhérents, mais aussi plus largement l’ensemble des agents du ministère de l’Intérieur dans la gestion des risques psychosociaux. Leur faciliter l’accès à des dispositifs de soutien psychologique est aujourd’hui une priorité nationale. Et il y a urgence à agir. » explique Benoît Briatte, Président de la MGP.

 

« Les risques psychosociaux auxquels sont confrontés les membres des forces de sécurité sont extrêmement complexes et découlent d’une problématique multifactorielle qui mêle les sphères professionnelle, familiale, personnelle et sociale. Des risques réels qui sont malheureusement souvent sous-estimés, d’autant plus que les policiers affichent une certaine pudeur à parler de leur difficulté par peur d’un risque de stigmatisation. Il est donc indispensable d’initier une démarche préventive à leur encontre afin de détecter en amont les signaux de détresse. » détaille Laurent Closcavet, fonctionnaire de police, président de région MGP et chargé de la formation aux risques psychosociaux des délégués.

 

L’instauration de dispositifs de soutien psychologique

Depuis une dizaine d’années, au travers d’actions concrètes, la MGP prend toutes les dispositions visant à soutenir psychologiquement les agents du ministère de l’Intérieur.

 

Réflexe prévention et solidarité : un service d’écoute psychologique

Ce dispositif gratuit d’écoute et d’aide par téléphone est dédié aux agents des forces de sécurité et accessible 24h/24 et 7j/7 au 01 47 11 25 60. Mis en place en 2011 par la MGP, il garantit le respect de la confidentialité selon les règles déontologiques relatives au secret professionnel. Il est assuré par des psychologues cliniciens diplômés d’État spécifiquement aguerris aux problématiques de la gestion des risques psychosociaux et du stress au travail inhérents au secteur de la protection des personnes. Ce service s’adresse à tout agent confronté à un traumatisme psychologique dans le cadre professionnel, qu’il soit adhérent ou non de la MGP. 

 

À la suite de la première consultation et selon le diagnostic établi, l’adhérent peut bénéficier de 5 nouvelles consultations, soit par téléphone auprès du même psychologue, soit au cabinet d’un psychologue clinicien agréé indépendant proche de son domicile ou, sur demande, auprès d’un psychologue de son choix. Pour les non-adhérents, la MGP prend en charge la première consultation d’urgence.

 

Un soutien sur le terrain : la formation des délégués de la MGP aux risques psychosociaux

Les délégués de la MGP sont bénévoles et eux-mêmes issus des forces de sécurité. Connaissant bien les problématiques auxquelles les agents peuvent être confrontés au quotidien, ils sont à l’écoute des adhérents et de leurs familles, auxquels ils apportent aide et soutien dans les situations difficiles.

Les délégués prennent également des mesures pour informer les personnes nécessaires en cas de risque de suicide et peuvent intervenir lorsqu'un drame est survenu, notamment en soutien aux familles et aux collègues de travail.

Dans le cadre de l’école de formation des élus, plus de 200 délégués ont été spécialement formés par la MGP à la gestion des risques psychosociaux entre 2015 et 2019 grâce à un module dédié aux risques psychosociaux intitulé Connaître/Détecter/Agir. Cette formation permet notamment de comprendre les mécanismes du stress au travail et de détecter les signaux du burn out, bore out et brown out afin de pouvoir agir sur les origines du risque et orienter les personnes avec discernement.

Dans la continuité de cette formation, un nouveau module sera dispensé en 2020. Spécifiquement centré sur le processus suicidaire, il est mené par Jean-Sébastien Colombani, psychologue du travail chargé de la formation au sein de l'Ecole nationale supérieure de la police*.

 

Contact Presse : agence Entre nous soit dit – Claire Mathurin / Sarah Maurit
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* Ce psychologue, auteur d’une thèse, financée par la MGP, a cherché à comprendre quelles étaient les principales atteintes à la santé mentale des policiers.