Plus de 1 100 policiers se sont suicidés au cours des 25 dernières années, soit 44 suicides par an en moyenne, un taux de suicide supérieur de près de 50 % à celui de la population française². La question du mal-être des policiers apparaît aujourd’hui comme un enjeu majeur.


Aussi, la MGP, la mutuelle des forces de sécurité, a lancé un baromètre visant à observer les problématiques et comportements de santé des policiers. Plus de 6 000 répondants ont participé à la première édition de ce baromètre réalisé en partenariat avec le think tank de la protection sociale, le CRAPS (Cercle de Recherche et d’Analyse sur la Protection sociale)³.

 

 

L’environnement de travail, un facteur structurant

 

L’étude  montre  que  les policiers sont globalement satisfaits de  leurs conditions de  travail. Ainsi, 77 % des répondants trouvent l’ambiance de travail avec leurs collègues conviviale, 75 % disent pouvoir apprendre de nouvelles choses et 64 % estiment que leurs supérieurs et/ou collègues sont disponibles pour les aider en cas de problème.

 

L’analyse croisée des résultats montre d’ailleurs que ces conditions de travail sont un facteur clé de bien-être pour les policiers. En effet, la problématique de détresse psychologique notamment est bien plus présente chez les répondants témoignant d’une ambiance de travail difficile.

 

Concernant l’environnement de travail, 65 % des policiers disent être confrontés à  des tensions avec le public et 51 % disent avoir des difficultés à conjuguer leur vie professionnelle et personnelle.

 

 

Enjeu majeur : la santé psychique et les pensées suicidaires

 

Ce baromètre met aussi en avant un niveau de détresse psychologique élevé chez les policiers. L’analyse des résultats selon l’échelle de Kessler4 révèle ainsi que 39 % des policiers seraient en détresse psychique.


Par ailleurs, ¼ des répondants dit avoir eu ou entendu des collègues évoquer des pensées suicidaires (24 %), un sujet plus prégnant que dans la population française. L’appréciation de l’environnement et des conditions de travail impacte fortement le poids de ces pensées suicidaires. Ainsi, ce pourcentage monte par exemple à 46 % chez les répondants qui estiment que l’ambiance avec les collègues n’est pas du tout conviviale. De même, parmi les policiers qui vivent des tensions avec un public, 32 % disent être confrontés aux pensées suicidaires.

 

 

Prise en charge des soins : des comportements spécifiques

 

21 % des policiers disent avoir renoncé à des soins médicaux au cours de l’année passée, principalement pour des raisons financières (29 %) et des délais de rendez-vous trop longs (23 %). Les principaux soins concernés par ce renoncement sont les soins dentaires (32 %), la médecine douce (18 %) et les consultations chez des spécialistes (16%).

Concernant l’adhésion à une mutuelle, 14 % des policiers interrogés disent ne pas avoir de complémentaire santé. Une part légèrement plus marquée chez les moins de 45 ans (15 %).
 

 

Condition physique : des pratiques plutôt saines

 

Côté santé physique, les répondants disent en majorité pratiquer une activité sportive régulière (55 %). Le baromètre montre également peu de comportements néfastes pour la santé chez les policiers. Ainsi, seuls 17 % des répondants fument.

 

Pour autant, un quart des répondants souffre d’affections chroniques (24 %) notamment d’hypertension. De même, 21 % des répondants se sentent limités ou handicapés dans leurs tâches quotidiennes, en particulier à cause d’affections dorsales. Ce sont là les 2 principaux enjeux relevés au niveau de la santé physique des policiers.

 

Pour Benoît Briatte, président de la MGP : « Ce baromètre montre clairement que la santé psychique est aujourd’hui la priorité en ce qui concerne la santé des policiers. Elle a peu de liens avec les facteurs d’analyse classiques comme le genre ou l’âge, mais est davantage corrélée aux conditions d’exercice du travail et à l’environnement professionnel.

 

Prioriser le bien-être au travail pourrait donc être un premier levier d’action pour améliorer la santé des policiers. Au sein de la MGP, ces résultats nous confortent dans notre volonté de faciliter l’accès aux consultations psychologiques de nos adhérents et vont nous permettre de développer de façon encore plus ciblée nos services dédiés comme la cellule psychologique et les journées prévention.

 

Enfin, l’étude met aussi en avant un renoncement aux soins important dans nos populations, ce qui milite en faveur de la réforme de la protection sociale complémentaire actuellement engagée au sein du ministère de l’Intérieur, en prenant soin de proposer des garanties suffisamment couvrantes pour tous ses agents. »

 

 

1. Sondage réalisé pour la MGP, en partenariat avec le CRAPS, par YCE Partners en ligne du 17/02/21 au 25/03/21 auprès d’un échantillon de 6 246 policiers.
2. Source : CRAPS (Cercle de Recherche et d'Analyse sur la Protection Sociale).
3. Un comité scientifique composé de membres du think tank (médecins et experts en santé publique) ont participé à l’élaboration du questionnaire et l’analyse des résultats.
4. Le scoring a été réalisé selon l’échelle de Kessler sur la base des réponses apportées à 6 questions du questionnaire permettant d’évaluer le niveau de détresse psychologique. 

 

 

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À propos de la MGP : la MGP est la mutuelle de toutes les forces de sécurité en France, avec plus de 200 000 personnes protégées. Héritière d’une longue tradition mutualiste au sein de la police, elle s’adresse depuis 2017 à tous les professionnels de la sécurité publique (ministère de l’Intérieur, de la Justice...) comme privée. La MGP est une mutuelle affinitaire, sans but lucratif, régie selon un modèle démocratique. Ses 1 500 délégués élus et ses 500 salariés, au siège et dans ses 20 agences, conseillent et accompagnent au quotidien les adhérents. Fidèle à ses principes de solidarité et d’entraide, la MGP propose une protection adaptée aux métiers de la sécurité et un service de qualité. Elle mène également des actions sociales. Chaque jour, la MGP s’engage pour soutenir ses adhérents dans leur vie professionnelle  et personnelle. Son alliance UNÉOPÔLE, créée avec Unéo, première mutuelle de la Défense et deuxième mutuelle de la fonction publique, et GMF, premier assureur des agents du service public et membre du groupe Covéa, accroît encore sa solidité et sa légitimité dans le secteur sécurité-défense.