Retour sur le 5ᵉ petit-déjeuner de la MGP : « Le continuum de sécurité : coopérer pour mieux protéger »
Mutuelle à mission au service des agents du ministère de l’Intérieur, la MGP poursuit son cycle de petits-déjeuners d’échanges sur des sujets au cœur des enjeux du ministère. Pour sa cinquième édition, elle a réuni cinq experts autour d’une notion aussi commentée qu’essentielle : le continuum de sécurité.
L’événement organisé le 30 juin à l’immeuble Lumière (Paris 12ème) s’est ouvert par un message vidéo de Jean-Harry Royer, président de la MGP, qui a rappelé aux participants l’importance de ces rendez-vous pour la réflexion collective sur les enjeux de sécurité, et notamment sur le continuum de sécurité et la coopération entre acteurs. Les échanges se sont déroulés en présence de Marc Keruzec, premier vice-président de la MGP qui représentait le président.
Pendant longtemps, la sécurité a reposé sur deux piliers : la Police nationale et la Gendarmerie nationale. Aujourd’hui, le paysage a changé. On parle de continuum de sécurité, une notion très présente dans le débat public mais qui gagne à être précisée, car derrière l’expression se cache une question simple : comment faire travailler ensemble des acteurs toujours plus nombreux pour mieux protéger nos territoires et nos concitoyens ? C’est cette question que le petit-déjeuner a explorée sous tous ses angles, des origines de la dynamique à ses défis de demain, en passant par son fonctionnement très concret sur le terrain.
Pour en débattre, Laura Massis a animé les échanges avec cinq personnalités aux parcours et responsabilités complémentaires, chacune éclairant le sujet depuis son terrain :
● Pascal Lalle, président du comité de mission de la MGP et ancien directeur central de la sécurité publique, a retracé la construction du continuum de sécurité et expliqué pourquoi il s’est imposé comme un enjeu majeur de la sécurité publique.
● Alexandre Bonneville, sous-directeur de la sécurité du quotidien et des partenariats à la Direction nationale de la sécurité publique (DNSP), au cœur des dispositifs de coopération, a montré comment les acteurs travaillent ensemble, concrètement, sur le terrain.
● Michel Lavaud, directeur de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne, a livré son éclairage sur la coordination dans un territoire aussi dense que complexe.
● Franck Langlois, chef de service à la police municipale d’Évry-Courcouronnes, a fait entrer la salle dans la réalité de son quotidien de terrain.
● Serge Castello, directeur de la sûreté de Transdev, a apporté le regard d’un secteur privé souvent cité en exemple pour la coopération : les transports.
Les élus locaux et les représentants du corps préfectoral présents dans la salle ont eux aussi enrichi les échanges.
Fidèles à l’esprit des petits-déjeuners, partager des expériences de terrain, prendre de la hauteur, dialoguer, les échanges ont été rythmés par de nombreux temps de questions avec la salle. Quatre grands enjeux ont ainsi structuré la matinée.
Pour éclairer l’origine de cette responsabilité désormais partagée, Pascal Lalle a d’abord invité à remonter au siècle dernier : d’un dispositif au départ entièrement dévolu à la Police nationale et à la Gendarmerie nationale, la sécurité est devenue, au fil des événements et de l’évolution de la société, l’affaire d’un large partenariat. Dans des territoires toujours plus denses, coopérer n’est plus un choix mais une nécessité, les transports faisant figure de précurseurs pour l’avoir compris très tôt.
Encore fallait-il que les acteurs apprennent à se connaître avant d’agir ensemble. La réussite tient en effet à une condition simple, presque évidente : se connaître avant que les difficultés ne surgissent. Les groupes de partenariat opérationnel (GPO) jouent ici un rôle clé, en faisant passer la coopération de la réunion à l’action, une chaîne qui associe également la justice et le procureur de la République.
Reste une question de fond, largement débattue : jusqu’où coopérer sans brouiller les rôles ? La montée en puissance des polices municipales interroge la frontière entre leurs missions et celles de la Police nationale. Les intervenants ont pointé un même point de vigilance : préserver la complémentarité sans créer de confusion, et veiller à ce que la multiplication des partenaires reste une force plutôt qu’une source de complexité.
Enfin, quel visage prendra le continuum de sécurité demain ? Longtemps réservés aux grandes villes, les enjeux de sécurité gagnent désormais les territoires périurbains et ruraux. Place croissante du citoyen, devenu acteur de sa propre sécurité, arrivée de nouveaux partenaires, défis de coordination des métropoles : l’avenir se jouera autant sur le plan technologique qu’humain.
Depuis leur création, les petits-déjeuners thématiques de la MGP se sont imposés comme un espace de dialogue privilégié sur les sujets qui touchent le ministère de l’Intérieur. Après les relations entre les jeunes et la police, la place des femmes dans les métiers de la sécurité, le sport comme vecteur de bien-être physique et mental et la transformation numérique du ministère, ce 5ᵉ volet confirme l’ambition du rendez-vous : éclairer les grands sujets qui façonnent le quotidien comme l’avenir des agents.
Car au-delà des dispositifs et de l’organisation, une conviction a traversé toute la matinée : le continuum de sécurité est d’abord une affaire de confiance, entre les femmes et les hommes qui le font vivre au quotidien. Coopérer pour mieux protéger.
Un grand merci aux intervenants et à l’ensemble des participants pour la richesse et la qualité des échanges.