Les archives des Éditos de Police Mutualité de l'année 2011

Édito d'Octobre2011 - Numéro 336

Un « A » de plus qui pourrait bien marquer la fin d’un système solidaire.

Au lendemain de la rentrée, alors que nombre de nos plus petits, qui savent tout juste épeler, vont apprendre à lire et à écrire, intéressons-nous au symbolisme des lettres, à l’examen de leur capacité à désigner, à signifier, voire à exercer une influence et arrêtons-nous à la lettre A.
Le A est la première lettre de l’alphabet. C’est une voyelle, la plus ouverte. C’est aussi une note de musique chez nos voisins anglais et allemands : le la, la note qui donne le ton. Déjà tout un programme.
Le A, tout naturellement, représente le début.
Si deux A mis bout à bout – AA – expriment une égale quantité (ana aequale [partes]), trois A – AAA – symbolisent le sommet d’une échelle de notation maintenant connue de tous, capable de faire trembler le monde, de mettre en lumière la fragilité de certains États, même les plus grands.

/// AAA, trois petites lettres qui ont réussi à occulter la trêve estivale d’un été bien trop peu ensoleillé.

/// Trois lettres qui ont balayé et déjà fait oublier les traditionnelles annonces de début juillet : l’augmentation de 2,9 % du tarif de l’électricité ou encore le report de l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans.
Trois lettres qui ont pris, durant l’été, le dessus sur un lot exceptionnellement important de nouvelles pourtant dramatiques : les émeutes anglaises ou encore les deux attentats terroristes sanglants qui ont frappé la Norvège en son cœur pour la première fois et l’ont laissée en état de choc.

/// Oubliés aussi le mariage princier et les 10 jours en jaune de Thomas Voeckler.

/// Les A ont mis au grand jour la fragilité de notre système économique, une trop faible croissance et une nouvelle crise : la crise des dettes souveraines des pays de la zone euro en tout premier lieu.

/// Car au-delà de la Grèce, c’est bien la presque totalité des pays européens qu’on signale aujourd’hui en difficulté et qui sont contraints d’adopter dans l’urgence un plan de rigueur.

/// La France n’est malheureusement pas épargnée. Annoncé le 24 août, le plan de rigueur français n’est censé épargner personne et doit rapporter environ 12 milliards d’euros à l’État, qui espère ramener le déficit sous la barre des 3 % du produit intérieur brut en 2013.

/// Il ne préserve malheureusement pas les complémentaires santé – dont la MGP – qui proposent des contrats solidaires et responsables. Celles-ci voient le taux de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA) passer, dès le mois d’octobre, de 3,5 à 7 % du montant des cotisations qu’elles perçoivent. La frontière avec les assureurs s’estompe encore un peu plus.
Un plan de rigueur qui enterre aussi, discrètement, l’ambitieuse réforme de la prise en charge de la dépendance, sans cesse reportée depuis 2007.

/// Un A de plus – ou plutôt de moins – qui fait l’effet d’une véritable bombe et qui pourrait bien marquer non pas le début… mais bien la fin d’un système : le système solidaire auquel nous sommes, à la MGP, très attachés.

LE PRÉSIDENT
Benoît Briatte

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Édito de Juillet 2011 - Numéro 335

Rigueur, dynamisme et détermination

Plus qu’une page, c’est un tome de l’histoire de la Mutuelle Générale de la Police qui s’est refermé lors de notre assemblée générale du 24 juin dernier. Après dix années passées aux commandes de notre mutuelle, d’abord en tant que secrétaire général puis comme président, Jean-Marc Tomasi, conformément à ses engagements, a remis son mandat, le travail accompli.

/// C’est dans la plus grande sérénité que la transition s’est réalisée. Le conseil d’administration m’a accordé sa confiance pour lui succéder au poste de président. L’assemblée générale a adopté le discours de politique générale que je lui ai proposé.

/// Le contexte est difficile. La France traverse la pire crise économique depuis la grande récession de 1930. Les coûts de santé augmentent démesurément.

/// Les enjeux sont de taille. Tous les jours de nouvelles règles s’imposent aux mutuelles, dont les plus fragiles disparaissent les unes après les autres.

/// Le chantier est considérable, mais rien n’est insurmontable. La MGP dispose de nombreux atouts. Ses fondations sont solides et ses structures saines pour édifier encore. Le militantisme est actif. La MGP est aujourd’hui l’unique mutuelle nationale conduite par des policiers pour des policiers.

/// La réussite de nos aînés nous invite à aller plus loin.

/// Rigueur, dynamisme et détermination conduisent la nouvelle ligne politique. Tout en rappelant l’attachement à un régime obligatoire de haut niveau, l’ambition est de promouvoir une protection de qualité contre les aléas de la vie pour tous les policiers, actifs et retraités, ainsi que pour leurs familles, dans une véritable logique de cohésion sociale.

/// Le passage de relais vient de s’effectuer. Il doit permettre de faire perdurer l’œuvre.
Une fable de Jean de La Fontaine me vient immédiatement à l’esprit :
Le laboureur et ses enfants :
« Travaillez, prenez de la peine […]
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents :
Un trésor est caché dedans. »
Ainsi que sa morale : l’ardeur et le dévouement déployés pour accomplir une tâche ont plus de valeur que le fruit du travail.

/// Le trésor caché est bien celui de l’entreprise. La réussite de nos prédécesseurs n’est pas seulement le patrimoine acquis, mais bien un modèle d’instruction. C’est le travail en unissant nos forces, comme les enfants du laboureur, qui a une valeur exceptionnelle et qui préservera notre maison : la Mutuelle Générale de la Police.
 

LE PRÉSIDENT
Benoît Briatte

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Édito d'Avril 2011 - Numéro 334

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux, terrifiés et atterrés, observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’activa, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces quelques gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répondit le colibri, mais je fais ma part. » *

Les révolutions qui agitent le monde arabe, du Machrek au Maghreb, évoquent en moi cette légende amérindienne, chère au philosophe humaniste Pierre Rabhi, qui met en lumière la nécessaire implication de chacun pour faire société.
Longtemps maltraitées, victimes de dictatures corrompues, confrontées à l’explosion conjuguée du chômage, du taux de pauvreté et du coût des matières premières, des populations entières se soulèvent, au premier rang desquelles les jeunes, soucieux d’écrire une nouvelle page porteuse d’espoir et d’avenir.

/// Cette actualité contraste avec la récente enquête d’opinion mondiale qui place les Français en position de « champions du monde du pessimisme ». Comptes publics, système scolaire, protection sociale, sécurité, logement, emploi, pouvoir d’achat… Tandis que tout paraît se déliter, nos concitoyens s’estiment démunis pour affronter ce qu’ils considèrent comme la dérive de l’État providence qui les a longtemps abrités et plus encore lors de la tourmente qui a secoué le monde.

/// Un parallèle existe pourtant entre ces deux extrêmes que tout confronte. À l’instar de l’homme qui s’émerveille du soleil levant alors qu’un autre s’émeut de le voir se coucher, les révolutionnaires arabes et les pessimistes français n’ont qu’un seul et même objectif : l’interminable quête du bien-être dans une société qui fabrique au quotidien ses bonheurs et ses malheurs.

/// Réforme du code de la mutualité, gestion des risques, Solvabilité II, règles fiscales, concurrence… Ces dernières années ont vu autant d’incendies exposer le mouvement mutualiste à sa schizophrénie : soucieux de répondre aux exigences d’une société mondialisée, individualiste et matérialiste, il en a oublié son humanité pour se perdre dans les méandres de ses contradictions.

/// Soumise aux mêmes rigueurs qu’impliquent le contrôle et la décision, la MGP a tout entrepris pour sortir de l’ornière et affronter les règles qui s’imposaient à elle.
Durant plus de dix années, nous avons mobilisé les énergies, sur le plan tant opérationnel que politique. Nous sommes allés chercher les bonnes volontés là où elles se trouvaient… y compris parmi les plus jeunes de nos adhérents, pour forger la militance. Méthodiquement, nous avons sondé tous les possibles pour tracer la voie qui conduit vers cette ambition de « poursuivre l’élan solidaire au service de tous les policiers et de leur famille ».

/// À la veille d’une assemblée générale qui renouvellera l’équipe dirigeante, j’achève ma tâche avec le sentiment du devoir accompli et la conviction de laisser une mutuelle forte d’une entreprise performante, de projets ambitieux et d’un mouvement militant qui compte dans ses rangs ces nombreux colibris prêts à affronter de nouvelles épreuves et autant d’incendies à éteindre.
 

LE PRÉSIDENT
Jean-Marc Tomasi

* Légende amérindienne retranscrite par Pierre Rabhi dans son ouvrage "La Part du colibri, l’espèce humaine face à son devenir", éditions de l’Aube.

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Édito de Janvier 2011 - Numéro 333

L’œuvre de Pagnol me ramène aux dérives de notre contrat social.

L‘œuvre de Marcel Pagnol, L’Eau des collines (composée de Jean de Florette et de Manon des sources) a mis en lumière les dégâts produits par l’absence de solidarité et l’égoïsme. L’histoire se passe dans un village provençal au début du siècle dernier. Jean de Florette y exploite une terre riche de la source abondante qui l’irrigue, au bénéfice de sa famille (son épouse et sa fille Manon) ; mais des spéculateurs prêts à tout la convoitent. Ils détournent le cours d’eau. Jean s’épuise à entretenir ses cultures et le drame se joue. Au cœur même d’une population passive, qui se retrouve privée de l’eau vitale…

/// Tandis que déficits publics et dettes souveraines alimentent le débat, ce miroir me ramène aux dérives de notre contrat social.

/// À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le Conseil national de la Résistance a forgé un véritable pacte économique et social. L’organisation de la société en a découlé.
La République y a retrouvé ses lettres de noblesse.

/// Les services publics ont été instaurés, l’accès à l’instruction et à la culture libéré, le droit au travail et au repos réaffirmé. Un plan complet de sécurité sociale a conforté cette organisation en portant l’ambition « d’assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils seraient dans l’incapacité de se les procurer par le travail ». Ainsi, la population a pu s’élever dans la dignité, la sécurité et l’espoir d’une vie pleinement humaine.

/// L’œuvre collective s’est déployée, abreuvée par une source qui l’a généreusement irriguée…, comme dans l’histoire de Pagnol. Pour y parvenir, citoyens, employeurs et salariés s’acquittaient des cotisations sociales et de l’impôt. Ils alimentaient tous les besoins. Le bien-être de la population était assuré.

/// Mais, comme dans l’histoire de Pagnol, l’œuvre fut convoitée… la source détournée ! Depuis quelques années déjà, le réservoir, jadis suffisant, sert d’autres intérêts.

/// Mondialisation des échanges, fuites de capitaux, délocalisations d’emplois, services publics onéreux, vieillissement de la population…, tout est prétexte pour servir la cause marchande et détourner la source originelle.

/// Alors, pour éviter le drame qui s’annonce, associations, coopératives et mutuelles s’exténuent à compenser le désengagement progressif de la collectivité.
La Mutuelle Générale de la Police n’hésite pas à absorber les déremboursements, les transferts et les taxes qui, sans elle, pèseraient sur les adhérents et leurs familles. Mais je garde l’espoir de voir la population prendre conscience de cette absolue nécessité de retrouver la source… et, à l’image de Manon dans l’histoire, de la rétablir vers son cours originel.
 

LE PRÉSIDENT
Jean-Marc Tomasi

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