Les archives des Éditos de Police Mutualité de l'année 2010

Édito d'Octobre 2010 - Numéro 332

Notre mutuelle répondra toujours présente pour servir ses adhérents.

La cloche vient de sonner ; elle annonce la reprise du travail pour tous après une pause estivale bien méritée. Enfants et professeurs découvrent leur nouveau programme, que certains expérimentent sous une partition originale : intellectuelle le matin, sportive, artistique ou culturelle l’après-midi. Les parents s’apprêtent, pour leur part, à affronter les rigueurs d’une rentrée sociale que d’aucuns annoncent très animée. Et nos dirigeants s’affairent sur le nouvel exercice budgétaire avec, comme chaque année, l’ambition de diminuer les déficits publics pour un retour aux normes de Maastricht… en 2013 !

/// C’est donc encore sur fond de réduction des dépenses publiques que la rentrée s’amorce. Gel de la valeur du point d’indice, non-renouvellement de postes de fonctionnaires admis à faire valoir leurs droits à la retraite, blocage des transferts financiers en direction des collectivités territoriales… Bref, autant de méthodes maintes fois testées sans véritable résultat.

/// Quant aux recettes, elles se révèlent en deçà des besoins de financement, niches fiscales et sociales obligent. Alors, une fois de plus, de nouvelles ponctions se profilent, et les complémentaires santé sont en première ligne. Ainsi, nous n’échappons plus à la règle, désormais établie, des nouveaux prélèvements qui s’empilent.

/// Dès janvier 2011, la « taxe sur les conventions d’assurance » s’appliquera à tous les contrats responsables – dont les garanties proposées par la MGP. Alors, tant pis pour nous, adhérents vertueux nourris par l’espoir de ramener les comptes à l’équilibre et qui avons
fait le choix de nous inscrire dans la loi de réforme de l’Assurance maladie d’août 2004. 3,5 % du montant de nos cotisations se déverseront chaque année dans la Caisse d’amortissement de la dette sociale, censée disparaître… en 2025. Considérable (!) après l’augmentation qui nous a été infligée en plein cœur de l’été 2008 et qui a porté la part annuelle de nos cotisations destinée à la CMU à 6,9 % !…

/// Comme en 2008, objectant qu’assurances et mutuelles avaient la capacité d’absorber l’effort financier demandé, le ministre du Budget invitait les complémentaires à ne pas répercuter cette charge sur leurs assurés ; feignant peut-être d’ignorer que ceux qui s’étaient exécutés ont fait le douloureux constat d’un déficit important.

/// Tandis que le passage aux nouvelles normes européennes (dites Solvabilité II) s’annonce délicat, nous n’avons pas le droit de déroger à la politique de saine gestion que nous nous sommes assignée. D’autant qu’à l’heure où j’écris ces lignes, j’apprends que d’autres charges conséquentes se rajouteraient à cette taxe.

/// Naturellement, chaque rentrée nous accueille avec son cortège de nouvelles, heureuses ou malheureuses. Sur son parcours, notre mutuelle a traversé bien des tumultes et subi bien des tourments. Elle a toujours su s’adapter. Aussi, tant que la cloche sonnera, la MGP répondra présente pour servir ses adhérents.


LE PRÉSIDENT
Jean-Marc Tomasi

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Édito de Juillet 2010 - Numéro 331

Améliorons l’héritage pour acquitter la dette envers les générations qui suivent.

La crise est sur toutes les lèvres. Elle inquiète. La finance mondiale chancelle et des nations sont menacées de faillite. Même l’Europe n’a pas servi de bouclier ! Pire encore, les pays de la zone euro, qui se croyaient à l’abri d’une monnaie forte, sont condamnés à la rigueur. Des prêts sont consentis à la condition expresse que leurs gouvernements exercent une cure d’austérité sur ces économies vacillantes. À moins qu’ils ne cèdent, à la demande de certains créanciers, des parcelles de terres paradisiaques en échange de l’inconditionnelle bienveillance…

/// En France, c’est notre protection sociale que l’on force à prendre part au débat. Sous-alimentée depuis des décennies, la Sécurité sociale est la cible d’une régression où retraites et santé sont en danger. Encouragées à déconsidérer la solidarité nationale, des voix s’élèvent pour porter un message libéral.
« Prise en charge différente selon les revenus…, recours sur succession…, bouclier sanitaire… », les propositions vont bon train, au risque d’oublier que la République nous a bercés en son sein ; qu’elle nous a élevés libres aux canons de l’égalité et de la fraternité.
La Sécurité sociale est le fruit de cette histoire. Elle est l’œuvre de la collectivité sans distinction des dizaines de millions de femmes et d’hommes qui y contribuent quotidiennement et qui, tout naturellement, y puisent en retour pour affronter les conséquences des aléas d’une vie trépidante et stressante. Sans excès, certes, mais dans la perspective de satisfaire tout de même les besoins du moment. Des besoins qui croissent au rythme des techniques médicales modernes et favorisent notre vieillissement en bon état de santé, sans distinction du niveau de revenu ou du montant des soins prodigués.

/// Pour que cette œuvre collective ne sombre pas dans les tourments de l’économie mondiale, je pense qu’il faut la consolider financièrement ; par exemple, en exhortant chacun à payer selon ses moyens pour continuer à en bénéficier selon ses besoins…
C’est à ce prix seulement que nous parviendrons à l’étendre hors de nos frontières. Que nous l’aiderons à perpétuer sa générosité. Que nous améliorerons l’héritage pour acquitter la dette que nous détenons envers les générations qui suivent.
C’est également au prix d’une Sécurité sociale forte que la Mutuelle Générale de la Police poursuivra la noble mission qu’elle s’est assignée afin d’assurer aux policiers et à leurs familles une vie sereine.

/// Mais, avant que le débat ne s’intensifie, place aux vacances ! Lorsque Police mutualité vous parviendra, certains d’entre vous seront déjà partis, les autres s’y prépareront.
À tous, je souhaite d’excellentes vacances d’été. Avec une pensée toute particulière à destination de ceux qui souffrent et qui ne peuvent profiter pleinement de ce moment d’insouciance et auxquels je dédie cette pensée amicale et fraternelle.
 

LE PRÉSIDENT
Jean-Marc Tomasi

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Édito d'Avril 2010 - Numéro 330

Je ne pense pas que l’intérêt de l’humanité passe par cette course au gigantisme.

/// 517 240 mètres carrés de surfaces exploitées sur 162 étages et 828 mètres de hauteur pour un investissement global de 1 milliard d’euros. Inaugurée en grande pompe il y a quelques semaines à Dubaï (Émirats arabes unis), la Burj Khalifa (tour de Khalifa en arabe) dépasse de très loin tout ce que l’homme avait érigé jusqu’alors. Tandis que le conglomérat dubaïote est plombé par une dette conséquente, l’objectif de cette exubérance ne porte qu’une ambition : « Posséder le plus haut, le plus grand, le plus bel édifice de la planète…,
quel qu’en soit le coût… »

/// Avec la médiatisation de ces fastes, je m’interroge. Plus haut que quoi ?… Plus grand que qui ?… Et l’humain dans tout ça ?…

/// Au milieu du siècle dernier, des immeubles de grande hauteur ont poussé comme des champignons dans les contrées en pleine expansion économique.
Tandis que dans nos campagnes se poursuivait l’exode entamé avec la révolution industrielle, des agglomérations nouvelles battaient leur plein d’activité, nourrissant l’espoir de tous ceux qui vivaient dans des taudis ou dans la rue. Le pays était à reconstruire, et l’économie avait un fort besoin de main-d'œuvre.
Cependant, la réponse à l’urgence d’hier a transformé en véritable cauchemar le rêve de millions de citadins à la situation financière précaire. À l’image de Villiers-le-Bel en 2005, cette concentration de populations se révèle comme une réelle menace pour nos démocraties lorsque le manque de travail ne permet plus de vivre dignement. Les policiers qui sont au premier rang pour affronter cette misère sociale croissante en connaissent bien le risque.

/// Depuis le XVIIIe siècle, nous sommes censés vivre dans une société éclairée, qui place l’homme au centre de toutes nos préoccupations ; mais la notion de gigantisme qui semble devenue la référence y porte hélas une autre ambition : servir toujours plus l’appétit financier d’actionnaires insatiables. Au prétexte d’économies de gestion, tout est fusionné, concentré, globalisé… à contre-courant de l’idée même de concurrence, chère aux pères de l’Europe, qui nécessite une pluralité d’acteurs marchands.

/// Cette dynamique de concentration investit jusqu’à nos entreprises mutualistes. À l’endroit même où l’humain devrait occuper une place prépondérante, le phénomène s’accélère. Des mutuelles disparaissent chaque jour dans l’indifférence générale pour se fondre dans des mastodontes qui n’ont de mutualiste que le nom et dont l’opération ne vient améliorer ni la qualité du service fourni ni le montant des cotisations versées.

/// Pour ma part, et tandis que de nouveaux projets démesurés, donc déraisonnables, se profilent, je ne pense pas que l’intérêt de l’humanité passe par cette course au gigantisme. Aussi, poursuivre la mission au service des policiers actifs et retraités et de leurs familles en honorant nos engagements vis-à-vis de chacun doit demeurer notre seule ambition.
 

LE PRÉSIDENT
Jean-Marc Tomasi

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Édito de Janvier 2010 - Numéro 329

La solidarité est l’empreinte génétique de notre pacte républicain

Tous ensemble !… » C’est le titre d’un magazine de télévision au concept généreux, diffusé sur un créneau à fort audimat. A priori, l’idée est bonne, puisqu’il s’agit de fédérer des énergies autour d’une philosophie visant l’entraide – financière, matérielle, humaine – afin de faire aboutir le projet – immobilier par exemple – d’une personne, d’un foyer, d’une famille en détresse. Cependant, comment accepter ce choix, cet acteur improvisé, tandis qu’ils sont des millions de citoyens à vivre la précarité au quotidien ?

/// Outre-Atlantique, cette forme de loterie existe aussi ; elle vise la santé de milliers de personnes – ils pourraient être des millions – qui tentent leur chance bimensuelle avec le secret espoir d’accéder à des soins médicaux. Jusqu’à ce que le sort les désigne…, ou parfois jusqu’à la mort. Car pour beaucoup, c’est d’une question de vie ou de mort qu’il s’agit !
Pour traiter un diabète, une insuffisance cardiaque ou pour financer une chimiothérapie…, ici ou là, dans les États, des médecins bénévoles donnent un peu de leur temps afin de soigner ce public trop riche pour bénéficier d’une couverture publique mais bien trop pauvre pour se payer une assurance santé.

/// Pour autant… qu’il s’agisse de l’une ou l’autre de ces bienveillances, peut-on parler de solidarité ?

/// La solidarité est l’empreinte génétique de notre pacte républicain, le ciment de la société, notre identité commune. Elle trouve sa pleine expression dans la Sécurité sociale, qui mobilise toute la population sans différence aucune. Chacun, ayant conscience d’intérêts partagés, épargne des fonds selon ses moyens, avec la certitude qu’il recevra, le moment venu, en fonction de ses besoins. Un véritable fi let de sécurité, en somme, pour nous préserver de cette angoisse des lendemains, fondée sur le manque de ressources pour affronter la maladie, la vieillesse, le chômage ou bien, encore, accueillir l’heureux événement et les charges familiales nouvelles qui en découlent.
Mais pour sauvegarder ce contrat social, il nous faudrait mobiliser notre énergie à réparer les mailles d’un filet qui s’est distendu au fil des années écoulées et des mutations d’une société en quête de besoins nouveaux !…

/// Bien sûr, la solidarité s’exprime aussi via le réseau mutualiste, qui absorbe parfois ce que la collectivité ne veut plus honorer. C’est ainsi que le conseil d’administration de la MGP vient, une fois encore, d’accepter la prise en charge du nouveau désengagement organisé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010. Mais ces décisions ont un coût ; et le réflexe d’affaiblir la solidarité nationale en sollicitant sans cesse les ménages et leurs complémentaires ne peut qu’amplifier le risque de voir un jour des milliers de citoyens miser leur espoir de guérison dans une hypothétique loterie…, à contresens de cette « force d’être ensemble » qui nous caractérise.
 

LE PRÉSIDENT
Jean-Marc Tomasi



Meilleurs vœux au nom du bureau, du conseil d’administration de MGP Santé et du comité de rédaction de Police mutualité, j’adresse à chacun d’entre vous mes vœux de santé et de bonheur.
Jean-Marc Tomasi

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