Les archives des Éditos de Police Mutualité de l'année 2008

Édito d'Octobre 2008 - Numéro 324

Fin juillet. Les Français qui prennent encore quelques jours de vacances se préoccupent de l’état du ciel et des routes. Les « juillettistes » s’apprêtent à prendre la route. Les « aoûtiens » se préparent à partir. C’est le traditionnel chassé-croisé. Le moment annuel idéal d’inattention collective qui permet au gouvernement en place (de quelque bord qu’il soit) d’augmenter les prix, les impôts et les taxes. 2008 n’aura pas fait exception à la règle. Cette année, ce sont les mutuelles, donc les mutualistes, qui sont ponctionnés au nom de la solidarité. On les contraint à combler le trou de la Sécu à hauteur d’un milliard d’euros. L’annonce a été faite le 28 juillet.

Il y a quelques mois, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, avait préparé ce « captage » en évoquant les bénéfices des complémentaires santé, puis elle l’a justifié en parlant de leur matelas. Comment a-t-on pu accepter sans broncher de voir les mutuelles confondues avec les complémentaires santé du secteur des assurances ? Comment se fait-il qu’aucune voix mutualiste ne se soit élevée avec véhémence pour rappeler que les mutuelles ne réalisent pas de bénéfices ; pour affirmer que si elles ont quelques économies, c’est pour répondre aux directives européennes et assurer la pérennité de leurs garanties aux adhérents ?

Les clients des compagnies d’assurances savent qu’une partie de leurs cotisations sera transformée en bénéfice et distribuée sous forme de dividendes aux actionnaires. Les adhérents mutualistes ont fait un autre choix : ils ne veulent entendre parler ni de bénéfice ni d’actionnaires. Obligation est d’ailleurs donnée aux mutuelles de leur indiquer avec précision la destination des cotisations qu’ils versent. Comment les a-t-on informés qu’ils allaient aider à combler le trou de la Sécu ? On leur a tout simplement dit qu’afin de ne pas amputer davantage le pouvoir d’achat des Français, le gouvernement appelait « tous les acteurs du système de santé à se mobiliser : l’État, les caisses d’Assurance maladie, les organismes de complémentaires santé, les assurés… ».

Mais qui sont tous ces acteurs ? N’est-ce pas nous, citoyens, qui payons l’impôt pour assurer le financement de l’État ? N’est-ce pas nous, assurés sociaux, qui, par le paiement de nos cotisations, assurons le fonctionnement de l’Assurance maladie ? N’est-ce pas nous, mutualistes, qui assurons le financement de nos mutuelles ? En fait, tous ces acteurs ne sont qu’un : nous.

La Sécurité sociale est malade. Nous voulons qu’elle vive. Elle devient l’un des derniers remparts contre la grande misère. Mais il est profondément injuste, pour tenter de la sauver, de prendre les économies qu’ont dû réaliser les mutuelles pour avoir le droit de continuer à exister. Jean-Pierre Davant, président de la FNMF, dit n’avoir pas eu le choix d’accepter ou refuser la décision gouvernementale. Le scénario peut donc se reproduire jusqu’à la disparition totale des mutuelles les moins grosses. Je me souviens d’un temps où la Mutualité, turbulente et réactive, faisait entendre haut et fort le mécontentement de ses adhérents, obligeant les gouvernements à renoncer à des projets qui leur paraissaient injustes et graves de conséquence. Mais je vous parle d’un temps que les plus jeunes ne peuvent pas connaître.
 

Le président,
Jean-Marie Ventura

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Édito de Juillet 2008 - Numéro 323

Pour parodier une publicité célèbre, j’ai envie de dire : « Mais à quoi ça sert que les assurés sociaux consentent autant d’efforts financiers pour sauver leur Sécurité sociale ? Choix d’un médecin traitant, parcours de soins, forfaits en tous genres laissés à la charge des patients, déremboursements de médicaments… Rien n’y fait. Le trou est toujours là. Béant.

Une nouvelle idée pour y remédier vient de germer : supprimer le remboursement à 100% des « médicaments de confort » pour les bénéficiaires d’une maladie de longue durée (ALD). Nous avions déjà les « médicaments à service médical rendu insuffisant ». Voilà la naissance d’un nouveau concept : « les médicaments de confort ».

Nous avons cru pendant tellement d’années que tous les médicaments avaient une vocation thérapeutique, et voici que notre interrogation va croissant. Et, avec elle, notre inquiétude. Mais si certaines prescriptions pharmaceutiques n’avaient pas eu d’autre effet que d’accroître les bénéfices des laboratoires pharmaceutiques, en creusant le trou de la Sécu! À quel prescripteur allons-nous dorénavant nous vouer ? Qui plus est, la même solution est avancée à chaque annonce de déremboursement. « Les mutuelles paieront. Elles ont de l’argent. » Cette formule a de quoi faire sortir de ses gonds n’importe quel mutualiste.

En premier lieu, ce ne sont pas les mutuelles qui paieront, mais les citoyens mutualistes, déjà en panne de pouvoir d’achat. Car, plus la Sécu dérembourse, plus les mutuelles ont besoin d’argent, plus les cotisations augmentent. Il n’y a aucun secret d’alchimiste, jalousement gardé au sein des mutuelles, pour transformer les dépenses en recettes.

Quant à l’argent détenu par les mutuelles, on a envie de dire : mais où nos dirigeants ont-ils la tête ? Sont-ils à ce point étourdis qu’ils ont oublié que ce sont eux qui imposent aux mutuelles d’engranger des réserves, sous peine de leur enlever leur agrément ?

À leur décharge, je dirais que certains dirigeants mutualistes se montrent bien imprudents. Ils affichent comme une gloire leurs réserves financières, sans doute dans l’espoir de faire venir de nouveaux adhérents. En réalité, ils attirent surtout l’attention de ceux qui sont à la recherche d’argent pour combler le déficit de la Sécu.


Le président national,
Jean-Marie Ventura


Édito d'Avril 2008 - Numéro 322

Depuis le 1er janvier 2008, les veinotoniques ne sont plus remboursés par la Sécurité sociale. Ils faisaient partie des médicaments jugés « à service médical rendu insuffisant » par la Haute Autorité de santé. La MGP, comme la quasi-totalité des mutuelles, a suivi cet avis médical éclairé et référent, conforté par la position de la FNMF.

Il y a quelques jours, une compagnie d’assurances a refusé de se ranger derrière la décision de la Haute Autorité de santé et de la Sécurité sociale. S’appuyant sur les conclusions d’un comité d’experts qu’elle affirme indépendants, elle a décidé de rembourser 50 % de la dépense liée aux veinotoniques ; initiative applaudie par le Syndicat national des médecins vasculaires.

Cette décision ramène le trouble dans l’esprit de ceux qui cherchent à appréhender ce que recouvre cette notion de « service médical rendu insuffisant » subitement apparue avec un plan de redressement des finances de la Sécurité sociale, et elle fait resurgir leurs interrogations. Les médicaments estampillés « à service médical rendu insuffisant » sont-ils vraiment inutiles ? N’y aura-t-il aucune conséquence pour ceux qui vont cesser leur traitement faute de prise en charge ? Des réponses claires à ces questions claires leur semblent indispensables pour décoder cette phrase sibylline.

Mais cette nébuleuse médicale, sur le sens de laquelle même des médecins s’interrogent, sert sans doute à dissimuler la vérité. Petit à petit, et sans que cela soit clairement dit, la Sécurité sociale est orientée vers la prise en charge des seuls traitements lourds et coûteux et un abandon du petit risque à qui voudra, pourra ou saura le prendre.
Le système de remboursement des soins de santé tel que nous le connaissons, avec prise en charge par la Sécu et complément apporté par les mutuelles, est donc ainsi, de façon insidieuse, totalement remis en cause. Et de cette vérité découle un douloureux constat : les mutuelles regroupées derrière la FNMF tardent à se détacher de l’ancien schéma pour se réorienter collectivement.

Une nouvelle fois, la MGP va donc prendre en main son avenir. Elle va définir des prestations qui tiendront compte de ce rôle nouveau de la Sécurité sociale, des besoins spécifiques de ses adhérents, et en particulier des policiers et de leurs familles, qui constituent toujours le cœur de la Mutuelle générale de la police.
 

Le président national,
Jean-Marie Ventura

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Édito de Janvier 2008 - Numéro 321


Villiers-le-Bel. Le nom de cette ville de banlieue parisienne résonne en chacun de nous de façon douloureuse.

Des policiers étaient venus maintenir l’ordre; protéger la vie des citoyens. Ils appartenaient aux compagnies républicaines de sécurité ou à la sécurité publique. Tous étaient porteurs des valeurs de la République. On leur a tiré dessus.

À la MGP, ces actes ainsi que ceux perpétrés à Toulouse et dans les autres villes de France éclipsent tous les autres sujets. Je me sens donc dans l’incapacité de faire venir sous ma plume des mots ordinaires pour évoquer les sujets d’actualité de la protection sociale et de la vie mutualiste.

Seules peuvent s’exprimer dans cet édito l’émotion et la douleur ressenties au sein de notre mutuelle. Le conseil d’administration a décidé d’apporter une aide aux blessés hospitalisés de Villiers-le-Bel. Cette action nous ramène aux principes de l’entraide et de la solidarité voulus par nos aînés lorsqu’ils ont décidé de créer une mutuelle de policier pour les policiers.
Les événements nous ramènent à ces fondamentaux.
 

Le président national,
Jean-Marie Ventura

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