Les archives des Éditos de Police Mutualité de l'année 2006

Édito d'Octobre 2006 - Numéro 316


La cloche qui sonne la rentrée 2006 n'a rien d'un joyeux carillon. Chaque jour nous apporte son lot de tristes nouvelles.

Lundi 4 septembre 2006 - Un article paraît dans le journal Libération sous le titre " La Chine royaume de la contrefaçon ". Nous pensons y lire une nouvelle fois le manque à gagner que représentent pour l'industrie du luxe les copies de sacs, bijoux et autres accessoires dont les Chinois se sont fait une spécialité. Hélas ! C'est un autre domaine qui est touché. Des faussaires imitent les médicaments : faux antibiotiques, faux plasma, faux antipaludéens, faux vaccins contre la grippe aviaire. Une industrie juteuse qui rapporte 25 milliards d'euros, selon l'évaluation effectuée par l'Organisation mondiale de la santé. Mais une industrie mortifère responsable de milliers de morts chaque année.
Nous voilà confrontés à l'insoutenable. Ceux qui n'ont pas les moyens d'accéder aux médicaments indispensables deviennent la proie d'escrocs qui les volent et les tuent. La conclusion de l'article nous évite de sombrer dans la panique : le marché du faux médicament se développe essentiellement dans les pays dépourvus de protection sociale. Ouf ! Nous avons la Sécu et nos mutuelles.

Jeudi 14 septembre 2006 - La Cour des comptes rend public son rapport annuel sur les finances de la Sécurité sociale. Espoirs déçus. Malgré la réforme et tous les efforts que nous avons consentis, les quatre branches de la Sécurité sociale : maladie, accidents du travail, vieillesse, allocations familiales, sont dans le rouge. Les besoins sont évalués à 37 milliards d'euros à l'horizon 2009, dont 16 milliards pour la seule année 2006. Philippe Seguin, président de la Cour des comptes déclare que la Sécurité sociale nécessite de " nouvelles et profondes réformes ". Sans aucun doute, des efforts accrus de maîtrise des dépenses et des hausses de prélèvements sont encore à venir.

Autre nouvelle consternante relevée dans le rapport : des médecins refusent de dispenser des soins aux bénéficiaires de la CMU. Les magistrats se basent sur une étude récente du fonds CMU. Les médecins pointés du doigt sont essentiellement des spécialistes (taux de refus constaté : 41 %), ainsi que des dentistes. Ces refus semblent découler de l'interdiction de pratiquer des tarifs du secteur II et des dépassements d'honoraires aux bénéficiaires de la CMU. Autrement dit soigner des pauvres n'est pas assez lucratif.
Mais où sont passés ces médecins respectueux du serment d'Hippocrate qui s'engageaient à prodiguer leurs soins à tous ? Nous les considérions avec respect et même amour. Nous les auréolions de qualités humaines, persuadés qu'ils étaient guidés dans le choix de leur métier, par une vocation.

Cette actualité nous conduit à un bien triste constat : les habitants des pays pauvres sont victimes des faux médicaments. Les habitants pauvres d'un pays riche, la France, sont victimes de vrais médecins qui refusent de les soigner. Et nous pouvons craindre que rapidement, ces derniers soient pris dans l'engrenage : manque de soins, automédication à bon marché, faux médicaments.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA

[Consulter la version Pdf]


Édito de Juillet 2006 - Numéro 315


La Cnam serait en train de concocter quelques mesures supplémentaires pour contenir l'augmentation des dépenses de santé et réaliser 700 à 800 millions d'économies supplémentaires. C'est ce que nous annonce la presse au moment où j'écris ces lignes. De douloureuses surprises sont donc à attendre pour la rentrée : sans doute quelques euros supplémentaires à charge et quelques formalités nouvelles à accomplir pour avoir droit aux remboursements des soins. La recette est maintenant connue. Seuls quelques ingrédients changent.
Les gouvernements de nombreux pays qui étaient sollicités par leurs électeurs pour mettre en place un système de protection santé à la française peuvent dormir tranquilles. Plus personne en dehors de l'Hexagone ne doit en comprendre le fonctionnement. Même à l'intérieur, nous avons beaucoup de mal.

Impossible de partir chez le médecin et le pharmacien sans son "Sécu mode d'emploi" : Je passe par la case généraliste avant d'aller chez le spécialiste, sauf cardiologue, gynécologue, etc. Mon médecin me prescrit des médicaments dont certains ne sont plus remboursés car jugés insuffisamment efficaces. Pourquoi alors me les prescrit-il ? Pour les autres, le pharmacien me propose des spécialités de noms différents, appelés génériques. Pourquoi mon médecin ne me les a-t-il pas prescrits directement ? Pourquoi le choix m'appartient-il ? Autant de questions sans réponse pour le commun des assurés sociaux que nous sommes dans notre immense majorité.
Jusqu'à présent, les mutuelles remboursaient ce que la Sécurité sociale laissait à charge. Le nom de "complémentaire santé" avait un sens. C'était simple et compréhensible pour tout le monde. Aujourd'hui, elles ne peuvent plus faire face et sont à la recherche de solutions. Pour la FNMF, ce sera le parcours de soins mutualiste.

Pour les assurés sociaux mutualistes, une seule certitude : il faut davantage d'argent pour se soigner. Leur mécontentement monte. Pour y faire face et tenter de leur faire oublier, des complémentaires santé rivalisent dans l'absurde. Certaines d'entre-elles ont ainsi proposé, au nom de la prévention, de rembourser des produits laitiers. Il a fallu l'intervention d'associations de consommateurs pour ramener au bon sens ceux qui, normalement, ont pour vocation de garantir la protection santé des personnes. A qui se fier ? Qui croire ?
Au premier trimestre 2006, une compagnie d'assurances a affiché sa solution : s'occuper des riches en leur proposant une assurance baptisée Excellence santé. Pour 12 000 euros par an c'était promis, ces personnes socialement et richement méritantes pourraient accéder aux meilleurs médecins et aux meilleurs soins. Dire qu'il y a peu de temps encore, la Sécurité sociale et les mutuelles se vantaient à juste titre de mettre à la portée de tous les meilleurs soins, grâce à la solidarité nationale.

Notre système de protection santé va mal. Les dépenses ne peuvent plus croître au rythme des dernières années. C'est vrai. Mais il faut beaucoup de vigilance pour ne pas laisser dériver le système vers une protection sociale qui ne prendrait en compte que les riches, laissant les autres perdus au milieu de parcours-labyrinthe dont on a bien du mal à trouver la sortie, celle qui débouche sur la santé.
Les gestionnaires de la MGP ont fait un choix : toujours trouver des solutions compatibles avec les valeurs mutualistes. Ils vont continuer à le faire, même si cela n'est pas toujours facile dans ce contexte actuel. Réunis en assemblée générale du 27 au 29 juin, ils vont à nouveau s'attacher à faire les bons choix pour que vive la MGP. Il n'y a pas dans nos rangs de richissimes mutualistes. Il n'y a pas dans nos rangs des gestionnaires prêts à des promesses folles. Notre mutuelle veut continuer à être un rempart de protection pour tous.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA

[Consulter la version Pdf]


Édito d'Avril 2006 - Numéro 314


Chikungunya, sida, vache folle, grippe aviaire, cancer… Des maladies connues et d'autres moins s'abattent sur nous avec leur cortège de souffrances et de deuils. Pourquoi ? Comment ? Nous sommes dans l'ignorance.

Canicule ou grand froid : des températures extrêmes nous éprouvent. Nous étions habitués au rythme de nos saisons et équipés pour y faire face. Nous voici démunis pour affronter les sautes d'humeur climatiques. On en connaît la cause : le réchauffement de la Terre. Mais les pronostics des spécialistes divergent. Pour les uns, l'Europe va se transformer en désert de pierres sous l'effet du soleil. Pour les autres, le Vieux Continent va connaître une nouvelle période glaciaire. Une seule certitude : la planète bleue se venge de nos excès.
Les réserves pétrolières s'épuisent et aucune énergie rassurante ne semble prête à prendre le relais. L'eau potable source de toute vie devient denrée rare.
Tant qu'il y a de l'énergie, nous en profitons pour courir à travers les continents. La mondialisation emporte nos entreprises vers des pays lointains où la main-d'œuvre est moins chère et le droit du travail moins contraignant. Et nous restons sur le bord de la route avec pour tout bagage de survie un mot d'ordre "être compétitif".
Pour acquérir les compétences qui nous sont demandées, nous comprenons vite que nous n'avons pas toutes les aptitudes nécessaires. L'humain va devoir se transformer en être hybride qui, n'en déplaise à La Fontaine, réunira les qualités du lièvre et de la tortue : courir toujours plus vite et transporter sa maison sur son dos pour se poser provisoirement là où l'on aura besoin de sa capacité de travail.
Et pour vivre dans ce monde idyllique, nous devons apprendre à être davantage autonome ; à ne compter que sur nous. La Sécu n'en peut plus et les retraites coûtent trop cher.
Nous sommes entourés, étouffés par les incertitudes. Peu à peu, plus ou moins consciemment, la peur du lendemain s'installe en nous. Chacun réagit à cette peur à sa manière. Trop souvent par la violence soit en paroles, soit dans des actes. Les Français s'affrontent sur les raisons des difficultés rencontrées et sur les remèdes à apporter.
Nous mutualistes, avons la chance de croire qu'une valeur qui a déjà fait ses preuves peut encore nous prémunir : la solidarité. Nous nous réunissons autour d'elle. Dans les situations de confort, la solidarité perd de sa vigueur. Mais elle s'impose dans toutes les situations difficiles. Notre Sécurité sociale n'est-elle pas le fruit des drames de la seconde guerre mondiale ?
Aujourd'hui, nous ne sommes pas en guerre contre un ennemi nommément lequel rougeoient encore quelques braises de solidarité. Notre devoir est de ranimer la flamme car demain, nous ne pourrons pas vivre en électron libre sans souffrance ni détresse. Chacun d'entre nous peut et doit devenir un ambassadeur de la solidarité et de sa mutuelle. Nous savons que les arguments des compagnies d'assurance qui veulent s'occuper de notre santé sont dangereux et qu'ils entraînent vers encore plus d'incertitudes et de mal-être. A leur slogan égoïste "Payez pour vous et pas pour les autres", la MGP répond "La force d'être ensemble".
Défendons plus encore notre mutuelle. Il faut qu'elle devienne toujours plus forte ; qu'elle continue à nous protéger longtemps. Grâce à elle nous ne serons jamais seuls face aux incertitudes de la vie et du monde.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA

[Consulter la version Pdf]


Édito de Janvier 2006 - Numéro 313


Lorsque l'on parle de réforme et de mesures d'économie pour la Sécurité sociale, nous savons ce que cela veut dire : se soigner va coûter plus cher. Et comme les plans de redressement successifs ont échoué, il faut de plus en plus d'argent pour tenter de combler le trou du déficit devenu abîme. Sans les mutuelles qui prennent le relais en instaurant un deuxième niveau de solidarité, de nombreux malades ne pourraient plus faire face aux dépenses de santé qui vont être laissées à leur charge.

Ainsi, la dernière loi portant réforme de la Sécurité sociale d'août 2004 n'en finit pas d'égrener ses mesures restrictives qui, jour après jour, entrent en application :
- Augmentation en 2006 du forfait journalier hospitalier (+ 1 euro).
- Création à compter du 1er janvier 2006 d'un forfait de 18 e sur les actes médicaux et hospitaliers d'un montant supérieur à 91 e.
- Déremboursement de 221 médicaments suite aux recommandations de la Haute autorité de santé (156 à partir du 1er janvier 2006, le reste à compter de 2008).
- Franchise de 1 e par acte médical "soins de ville" (déjà en application).
- Majoration d'honoraires pour ceux qui ne respecteront pas le parcours de soins, c'est-à-dire le passage obligé par le médecin traitant qu'ils ont désigné (montant fixé à 7 euros pour l'instant).

Les deux dernières mesures listées visent à atteindre le nouvel objectif du gouvernement et des gestionnaires de l'Assurance maladie : apprendre aux assurés sociaux à être responsables de la bonne utilisation des deniers publics. Les mutuelles, ne devant pas freiner par leur action l'atteinte de l'objectif, sont invitées à respecter des contrats responsables. Dans ce cadre, interdiction leur est faite de prendre en charge la franchise de 1 e et la majoration d'honoraires pour non-respect du parcours de soins.

Dans l'intérêt de la Sécurité sociale et de la solidarité nationale qu'elle met en œuvre et dans l'intérêt de ses adhérents, la MGP va s'insérer dans le respect de ces contrats responsables. Avec un regret toutefois : que les médecins ne soient pas également soumis à un vrai contrat responsable contraignant.

Le rythme de croissance des dépassements d'honoraires des spécialistes pris en charge par les mutuelles, chiffré par la Cnam à + 8,5 % par an entre 1995 et 2004, fait l'effet d'une provocation en ces temps difficiles où l'on court après la moindre économie. Il est vrai qu'en la matière les médecins n'ont guère de contrainte. Seul leur code de déontologie recommande d'appliquer les dépassements "avec tact et mesure". Résultat concluant.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA

[Consulter la version Pdf]

 

Ecrivez-nous

Trouvez votre agence

Devis en ligne

Numéro de téléphone

Entreprise certifiée