Les archives des Éditos de Police Mutualité de l'année 2004

Édito d'Octobre 2004 - Numéro 308


A peine sortis des vacances, des jeux olympiques et des exploits sportifs, nous étions brutalement reconnectés à une actualité dominée par la violence et les drames : mort en direct des enfants russes, victimes des politiques assassines et des terroristes ; explosion de bombes un peu partout dans le monde tuant des innocents ; enlèvement deux de nos journalistes dans l’exercice de leur métier… Les idéologies inculquées dans des esprits fragiles produisent leurs terribles effets.

Notre seule consolation : constater que pour sauver ses deux enfants, la République réussit à rassembler tous les autres autour d'elle, sans distinction de couleur et de religion. Un seul mot d'ordre semble être dans toutes les bouches : "il faut sauver deux vies innocentes ". Face à cette épreuve, nous rêvons d'une cohésion sociale retrouvée.

Hélas ! L'illusion est de courte durée. Le 2 septembre 2004, dans un petit village du sud-ouest de la France, loin des bombes et des champs de bataille, un exploitant agricole tue à bout portant avec son fusil de chasse une femme et un homme. Eux aussi exerçaient leur métier. Ils étaient inspecteurs, l'un du travail, l'autre de la Mutualité sociale agricole. Leur mission était de prévenir et éventuellement punir la présence de travailleurs clandestins, le travail illégal et le non versement des cotisations sociales qui créent une situation de concurrence déloyale entre les fraudeurs et les entreprises citoyennes, et met en péril les finances de la Sécurité sociale. Ils n'avaient pas d'autres armes que les lois et règlements dont ils contrôlaient l'application.

A force d'entendre dire que le droit du travail et la Sécurité sociale sont responsables des difficultés des entreprises, certains s'imprègnent de cette vérité absolue et peu à peu l'érige en dogme.

Nous sommes doublement touchés par cette triste affaire.
En qualité de policiers, nous déplorons la mort de collègues de services publics chargés comme nous de faire respecter les lois et institutions de la République et avec qui nous menons des actions communes.
En qualité de mutualistes, nous souffrons de constater qu'un organisme solidaire et mutualiste (la Mutualité sociale agricole) ait été prise pour cible à travers son représentant.

Beaucoup de travail reste à faire pour expliquer le principe de la Sécurité sociale et la solidarité nationale qu'elle met en œuvre, afin qu'une véritable comparaison soit possible avec le secteur des assurances privées. Quand il n'y a pas explications, débats et réflexions, c'est l'idéologie qui s'installe et les dangers qui l'accompagnent.
Les mutuelles dont le fonctionnement est basé sur le militantisme, doivent prendre une part active à ce débat, voire le provoquer lorsqu'il n'existe plus.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA

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Édito de Juillet 2004 - Numéro 307


“Recherche bénévoles pour aider personnes âgées”, tel est l’appel lancé en ce début d’été par des associations, des conseils généraux et régionaux. La canicule de l’an dernier hante les consciences.

Ces initiatives sont à la fois rassurantes et choquantes. Rassurantes, parce qu’il s’agit de lutter contre l’indifférence et l’égoïsme. Choquantes, parce qu’elles mettent l’accent sur le fait que les activités à déployer pour prévenir la souffrance et la mort ne sont pas considérées comme un travail au sens économique du terme.
Et pour occulter ce refus de rémunérer les bras secourables, on nous rabâche à longueur de journal écrit et télévisé que tout réside dans la pose de climatiseurs dans les maisons de retraite. Les sans-emploi sont donc prévenus : leur force de travail est indispensable pour s’occuper de nos anciens, mais elle ne sera pas rémunérée, puisqu’elle n’est pas susceptible d’enrichir notre économie.
“Enrichir, richesse, croissance économique” : voilà des mots qui en permanence, sonnent à nos oreilles.
Mais de quelles richesses parle-t-on ?
Sont-elles riches les nations qui ont l’œil fixé en permanence sur leur PIB et leur déficit et qui, au nom de ces incontournables, se sentent autorisées à laisser mourir 15 000 des leurs ?
Si nous continuons sur cette voie, nous allons nous transformer en machines à produire des euros et des dollars.
Rien de plus.
Il est temps d’opérer le renversement de valeurs qui placera l’Homme avant l’argent.
Vaste programme à la réalisation duquel la Mutualité a vocation à travailler.
Vaste programme à la réalisation duquel la MGP est engagée.
A la MGP, lorsque nous disons contrats et garanties, nous pensons protection, bien-être et non bénéfices.

Lorsque nous parlons de la nécessité de recruter des adhérents supplémentaires, c’est au renforcement de la chaîne mutualiste solidaire que nous pensons, et non à l’atteinte d’un pouvoir hégémonique au service d’intérêts particuliers.
C’est cet état d’esprit qui a animé notre Assemblée générale 2004 et qui a guidé nos orientations et nos décisions pour que vive la MGP.

Car il faut que la MGP vive :
- pour les adhérents et tous les mutualistes qui lui font confiance,
- pour les policiers qui ont besoin d’une mutuelle à l’écoute de leurs besoins spécifiques,
- pour le mouvement mutualiste tout entier qui ne peut envisager d’avenir sans la diversité des mutuelles qui le portent.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA

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Édito de Mars 2004 - Numéro 306


Les Français ne veulent pas de réformes. Ils sont rétrogrades et figés sur leur passé. Incapables de s'adapter. Ces compliments nous ont été décernés par la presse anglaise au lendemain des élections cantonales et régionales. Bien évidemment, ces aimables conclusions ne pouvaient rester Outre-manche. Elles ont été reprises par quelques-uns de nos experts en politique, agacés de constater qu'il n'est pas toujours facile de faire accepter ses points de vue par une majorité. On a même profité des manifestations organisées à la mémoire de Georges Pompidou, pour rappeler qu'il y a plus de 30 ans, le président défunt parlait de notre pays en ces termes "la France, ce vieux pays qu'il ne faut pas secouer".

Cette sentence sur notre incapacité à accepter les réformes mérite quelques interrogations.
De quelles réformes les Français ont-ils peur ?
De celles qui s'attaquent à leur protection sociale ; au principe de solidarité nationale ; à ce qui leur permet de rester debout dans les moments où ils sont fragilisés dans leur vie ?

Pourquoi cette peur ?
Ils savent que les acquis sont le résultat de combats parfois douloureux menés par leurs anciens. Ils savent que chaque jour des entreprises ferment privant des salariés de ressources. Ils savent que pour faire face aux graves maladies qui peuvent les atteindre, ils ont besoin d'une bonne couverture sociale. Ils savent aussi que malgré les efforts de nombreux pays pour trouver ce modèle de Sécurité sociale qui permettrait d'apporter les garanties nécessaires dans des limites budgétaires supportables, celui-ci n'existe toujours pas. Et ce n'est pas rassurant.

A quel moment leur adresse t-on ce reproche ?
Au lendemain d'élections où, répondant à la demande qui leur a été adressée, ils se sont rendus aux urnes pour s'exprimer de la façon la plus démocratique qu'il soit. La politique n'est pas l'art du mensonge. Ce n'est pas un miroir aux alouettes destiné à attirer les voix des électeurs. C'est le difficile exercice qui consiste à faire des choix dont certains emportent l'adhésion et d'autres le refus.

Mais qui sont ces censeurs qui parlent ainsi de leurs concitoyens ?
Des habitants de l'hexagone qui ne se considèrent pas comme Français ? Des Français qui se situent au-dessus de la mêlée ? Ceux qui appartiennent à une autre France, seule capable de bien penser et bien agir ? Et si ces adeptes du changement étaient tout simplement les héritiers de ceux qui en 1945, arc boutés sur leurs avantages, refusaient toute réforme sociale ; repoussaient l'idée même de la création de la Sécurité sociale.

Dire que les Français sont contre les réformes est un raccourci erroné. Ils ne se prononcent pas pour ou contre la réforme, mais sur son contenu, en fonction de leur vision politique. Il n'y a pas d'un côté les électeurs bien pensants et modernes et de l'autre des sclérosés, le regard rivé sur le passé. Respecter l'expression des urnes sans opposer les Français les uns contre les autres est un des devoirs de tout démocrate. C'est la seule façon de prévenir cette autre forme d'expression qu'est la violence.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA

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Édito de Janvier 2004 - Numéro 305

Nous abordons la 4e année de ce siècle nouveau dans lequel nous formions beaucoup d'espoir. Les connaissances des hommes progressent au fil des temps, nous espérions à juste titre que les acquis du savoir seraient capitalisés pour tendre vers un seul objectif : améliorer la condition de l'Homme.

Hélas ! Seul l’argent est devenu le moteur du changement. Le résultat est catastrophique. L’air des villes est devenu irrespirable. L’eau des rivières est polluée. Des maladies jusque-là inconnues font des ravages. Des femmes et des hommes victimes de la performance à outrance se retrouvent sans emploi et à la rue. On fait la queue aux restos du cœur. La pauvreté et la misère ne sont plus contenues à des milliers de kilomètres. Elles s’étalent sous nos yeux, alors que nous vivons dans un des pays les plus riches du monde.

La construction européenne dont nous attendions la paix, la sécurité, la progression sociale, nous apporte les contraintes budgétaires, les économies forcées et les régressions sociales. Les hommes politiques ne sont plus maîtres de leur choix. Ils sont contraints. Les changements que nous vivons ne sont pas voulus. Ils sont subis. Hier, le nouveau Code de la mutualité nous était imposé par les directives européennes. Demain, la Sécurité sociale va être réduite à peau de chagrin parce qu’il faut absolument restreindre le déficit budgétaire. Les mutuelles prises dans l’engrenage vont subir les attaques des assurances privées. Les soins de qualité ne seront plus à la portée de tous, mais réservés à une élite. Economie oblige. Bien entendu, personne n’aura voulu les conséquences de ces décisions qui vont être prises par obligation. « Nous n’avons pas le choix » devient un leitmotiv. Dans tous les milieux socio-économiques et à tous les niveaux, on ne décide plus, on subit. Comme il semble loin le temps où les responsables politiques décidaient, tranchaient, en affichant leur libre arbitre. «La politique de la France ne se fait pas à la corbeille» affirmait le Général de Gaulle, assumant ainsi la pleine responsabilité de ses actes.

Demain, des responsables mutualises vont être confrontés à des prises de décision très difficiles, lourdes de conséquences pour l’avenir des mutuelles. J’espère qu’en nous expliquant les tenants et les aboutissants des réformes auxquelles ils auront donné leur aval au nom de nous tous, ils nous diront : «voilà la voie que nous avons choisie. C’est celle qui prend en compte pleinement les intérêts et la santé des hommes et des femmes de notre pays. C’est celle qui respecte les valeurs mutualistes». Alors, nous retrousserons nos manches avec enthousiasme pour mettre en place cette réforme. Et je suis sûr que dans l’intérêt collectif, chacun saura faire acte de solidarité si nécessaire…

En ce début d’année, j’ai envie de rêver que les choix politiques seront possibles et que les changements qu’ils induisent seront voulus.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA

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