Les archives des Éditos de Police Mutualité de l'année 2002

Édito de Novembre 2002 - Numéro 298
 

Puisque nous approchons des fêtes de Noël, donc de l'époque des contes, je vais vous raconter l'histoire d'Alice.

Alice est née en septembre, suite à un accouchement prématuré. Elle pèse moins d'un kilo. Inquiétude. Le service des prématurés de l'hôpital public l'accueille. Son petit corps tout entier est soumis à l'auscultation d'une équipe médicale de haut niveau. Un hématome crânien est décelé. Opération. Deux mois de soins intensifs et d'investigations médicales. Beaucoup d'angoisse. Beaucoup d'argent nécessaire. Mais jamais la question du coût n'est posée. Tout ce qui est médicalement possible est accompli. La Sécurité sociale et une mutuelle font le reste. Les parents durement éprouvés sur le plan affectif ne subissent à aucun moment la pression financière. Aujourd'hui, Alice va bien. Et toute une famille a retrouvé la joie de vivre au-dessus de ce berceau où un enfant grandit.

Quotidiennement, nous sommes les témoins de vies sauvées grâce à la solidarité. Tout nous paraît normal. Habitués à vivre avec notre système de protection sociale, nous le croyons acquis pour toujours. Il n'en est rien. Les comptes de notre Sécurité sociale sont à nouveau dans le rouge. Et la menace d'une réforme plane. Nos mutuelles passent difficilement le cap de leur mise en conformité avec le Code de la mutualité mis aux normes européennes. Le président de la FNMF livre au journal Le Monde ses interrogations sur la place des mutuelles.

La vigilance est plus que jamais d'actualité. Nous devons tous être convaincus de l'excellence de notre système complémentaire : Sécurité sociale/mutuelles, et accomplir les efforts nécessaires pour qu'il demeure. La solidarité n'est pas un mot. Elle vit à travers une chaîne humaine qui prend, donne et reçoit. Nous sommes tour à tour donneur et receveur. Donner est un devoir. Mais la pression doit être régulée afin de ne pas peser trop lourdement sur les mêmes au risque de les décourager. Recevoir est un droit. Mais ce droit, chacun doit l'exercer en homme et femme responsables de la survie d'un système extrêmement protecteur que beaucoup nous envient. La chasse aux abus et aux gaspillages est plus que jamais d'actualité.

Les dirigeants de la MGP ont choisi cette voie d'une solidarité raisonnable et raisonnée. La nouvelle grille de cotisations qui vient d'être adoptée par l'Assemblée générale à la quasi-unanimité traduit cette volonté de faire vivre ce couple parfait que représentent la Sécurité sociale et nos mutuelles. Nous sommes persuadés que rien, jamais, ne remplacera ce système avec autant d'efficacité pour garantir ce bien précieux qu'est la santé.
 

Le Président national,
Jean-Marie VENTURA.

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Édito de Septembre 2002 - Numéro 297
 

Seuls 35 % des actifs estiment qu'ils "doivent participer à l'effort de financement des futures retraites". Et 63 % d'entre eux préfèrent se "constituer une épargne retraite individuelle et facultative s'ils doivent payer davantage pour financer leur retraite". Tels sont les résultats qui ressortent d'un récent sondage effectué par Ipsos pour le mensuel Pleine vie. Ces chiffres montrent à quel point la solidarité, base de notre système de Sécurité sociale n'est hélas plus ni comprise ni tout à fait admise.

Plusieurs générations d'hommes et de femmes ont vécu, bien protégées par la Sécurité sociale et les mutuelles. Tout naturellement, ils ont bénéficié des techniques médicales les plus "pointues". Ils sont allés chez le médecin et le pharmacien à chaque fois qu'ils en ont eu besoin. Ils ont vu leurs parents et grands-parents cesser leur activité encore plutôt en forme, et vivre décemment grâce à leur retraite. Mais que savent-ils du système qui offre tous ces avantages ? Pour la majorité d'entre eux, rien ou presque. Certains ont appris à calculer les cotisations ; à remplir une feuille de soins ; à composer un numéro de Sécurité sociale. Personne en revanche ne leur a parlé de solidarité, pierre angulaire de l'édifice. Tout au plus, ont-ils entendu quelques phrases à l'occasion d'un cours d'instruction civique.

Aujourd'hui que les choses vont moins bien et que le système a sans doute besoin de réformes, on ne leur parle que "de faillite, d'abus et de gaspillage". Jamais par contre ne sont mis en avant les avantages de ce système.

A cette méconnaissance, s'ajoutent les difficultés économiques : faiblesse des salaires, augmentation des coûts des biens de consommation et des loyers, économies qui fondent comme neige au soleil lorsqu'elles ont été converties en actions boursières.

Dans ce contexte, la protection sociale devient pour beaucoup un poste de dépenses banal que chacun veut réduire au maximum. Et la MGP, comme les autres mutuelles, veut retenir les mutualistes qui ont tendance à se tourner vers les assurances privées.

Face à cette situation, les membres du conseil d'administration ont décidé de proposer à la prochaine Assemblée générale qui se tiendra les 23 et 24 octobre, un système de cotisations au forfait, conforme aux dispositions du code de la Mutualité et qu'ils estiment plus juste et moins risqué pour l'avenir de la MGP. Le résultat du vote sera respecté selon les règles de la démocratie et de la tradition que nous voulons continuer à faire vivre. Et vous serez informés.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA.

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Édito de Juillet 2002 - Numéro 296


Notre Assemblée générale annuelle statutaire s'est déroulée à Lyon du 25 au 27 juin 2002.

Les temps forts et les décisions prises étant retracées dans le présent numéro de Police Mutualité, je ne m'y attarderai pas.

Je voudrais en revanche faire partager à celles et à ceux qui ne l'ont pas vécue, l'atmosphère qui a présidé à nos travaux.

Nous avions souhaité que ce rassemblement de femmes et d'hommes, mandatés pour prendre des décisions importantes en votre nom, soit l'occasion d'affirmer l'attachement de la MGP aux valeurs de la République et à ses symboles.

Le drapeau tricolore mis à l'honneur dans la salle qui abritait nos réunions, a flotté au-dessus de nos têtes pendant ces deux jours. Le "bleu-blanc-rouge" nous a constamment ramené à une autre triade ; celle de notre devise républicaine : "liberté-égalité-fraternité". Liberté de notre mutuelle qui refuse tout dogme, toute dépendance et toutes pressions extérieures.

Liberté indispensable à la dignité de l'Homme, et qui ne peut être réelle sans une garantie sociale suffisante.

Egalité d'accès à des soins de qualité pour tous ceux qui veulent venir vers nous et que nous accueillons sans considération de leur état de santé.

Egalité de traitement de nos adhérents.

Fraternité enfin, qui réunit les policiers confrontés aux dures réalités de leur métier. Socle sur lequel est bâtie notre mutuelle.

Fraternité sans laquelle la liberté et l'égalité ne peuvent coexister durablement.

Ces valeurs fondamentales partagées nous ont permis de nous retrouver unis au bout du parcours, sur le vote de notre motion finale. Et si des divergences de vues se sont exprimées au cours de nos débats, ce qui est normal dans une instance démocratique, les décisions importantes pour l'avenir de la MGP ont été prises à une large majorité.

L'hymne national a marqué la fin de nos travaux. Il nous a permis de vous inclure tous dans nos pensées, pendant ce moment solennel de recueillement.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA.

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Édito de Mai 2002 - Numéro 295


A l'heure où j'écris ces lignes, les médecins accentuent leur pression pour obtenir la consultation à 20 euros. Si satisfaction ne leur est pas donnée, ils dénonceront la convention qui les lie aux caisses d'assurance maladie, fixeront leurs honoraires à leur convenance et les assurés sociaux seront remboursés quelques centimes d'euros. Quid des cotisations qui leur sont offertes par la Sécu en contrepartie de leur adhésion ? Ils ont oublié d'en parler ; chantage terrible qui "impacte" l'avenir de la Sécurité sociale et des mutuelles, et par voie de conséquence la santé des Français.

Cela étant, il est vraisemblable qu'ils vont être entendus.

Le contexte difficile créé par l'accroissement constaté en ce début d'année des dépenses d'Assurance maladie (6,7 % à fin avril par rapport à l'année précédente) est soudain oublié. Et pourtant, la consultation à 20 euros devrait coûter 250 millions d'euros aux cotisants du régime général et 430 000 euros en année pleine aux adhérents de la MGP. Et comme les finances de la Sécurité sociale et de nos mutuelles ne sont pas le tonneau des Danaïdes dans lequel on peut puiser indéfiniment, nous allons nous retrouver devant l'alternative suivante : augmenter les cotisations ou baisser le seuil des remboursements. Les assurés sociaux et nos adhérents vont donc être sollicités pour mettre la main à la poche, pour une mesure qui ne leur apportera aucune contrepartie en qualité des soins. Les assureurs profiteront de la grogne pour dire qu'ils peuvent mieux faire.

Dire que la revendication de la consultation à 20 euros n'est pas légitime est un pas que je ne franchirai pas. Mais lorsqu'un salarié demande une augmentation aussi légitime soit-elle, il ne l'obtient que si le coût est supportable pour l'entreprise.

Le ministre de la Santé, Jean-François Mattéi, estime que ces 250 millions d'euros sont peut être le prix d'un nouveau climat propice à la négociation d'une nouvelle convention par laquelle il attend que les médecins s'engagent :
- sur une juste régulation des dépenses,
- sur la prescription de médicaments génériques,
- sur la formation médicale...
En fait, des thèmes sur lesquels ils se sont déjà engagés lors de la précédente convention avec les résultats que l'on connaît.

Il est temps que la Sécurité sociale, et par voie de conséquence les mutuelles, cessent d'être l'otage des gouvernements. L'argent des assurés sociaux et des mutualistes ne doit pas être utilisé à des fins électorales. Les partenaires sociaux doivent reprendre les rênes de la Sécu. Les représentants de la mutualité au sein des conseils d'administration des caisses doivent faire entendre leur voix. L'avenir de la Sécurité sociale et de nos mutuelles est intimement lié. Ne l'oublions pas.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA.

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Édito de Mars 2002 - Numéro 294


Mars 2001. Septembre 2001. Mars 2002... En un an, la MGP a vécu trois assemblées générales. La prochaine est programmée pour juin 2002. Une activité intense liée à la période exceptionnelle que nous traversons, qui exige adaptation et réorganisation.

L'Assemblée générale qui vient de se dérouler à Créteil les 26 et 27 mars a été riche en décisions.

La séparation des activités est réalisée. Deux structures ont été créées : MGP Santé et MGP AMIES(1). Leurs statuts et règlements intérieurs sont adoptés. La GMF a été choisie comme partenaire. Chacune de ces décisions nous a donné la clef d'une porte qui s'ouvre sur l'avenir que nous allons construire.

Moins enthousiasmante mais tout aussi indispensable, l'augmentation de la cotisation santé a également été décidée. Contenue à 3 % supplémentaires, cette croissance permettra, sans déséquilibre budgétaire et sans nuire au bon rapport qualité/coût de notre mutuelle, de faire face aux remboursements de nos soins de santé.

Se faire soigner dès que le besoin s'en fait sentir et bénéficier des techniques médicales les plus sophistiquées quels que soient nos revenus : voilà des avantages que beaucoup de pays nous envient, y compris les plus riches. Nous les devons à la Sécurité sociale et à notre système mutualiste basés sur la solidarité. Mais toute médaille a son revers, et dans le cas présent, il s'agit de l'effort contributif auquel nous devons consentir chaque mois.

Contenir au maximum les augmentations est donc un souci permanent. Nous disposons de deux moyens pour ce faire :
- Lutter contre tout gaspillage médical : c'est notre affaire à tous.
- Infléchir au maximum les coûts de fonctionnement de la mutuelle : c'est l'affaire de vos élus. Ils s'y emploient grâce notamment au partenariat.

Un premier contrat avec la GMF sera prêt pour l'assemblée générale de juin. Je sais qu'il marquera le début d'une longue collaboration dont vous serez les bénéficiaires.

Défendre vos intérêts mutualistes : tel est l'objectif de ce partenariat.
 

Le Président national,
Jean-Marie VENTURA


(1) Si ce schéma est approuvé par la commission de contrôle des mutuelles et des institutions de prévoyance, les deux entités cohabiteront à compter du 1er janvier 2003. Les statuts vous seront alors communiqués.

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Édito de Janvier 2002 - Numéro 293


"Il est mis fin au contrôle de la Mutuelle Générale de la Police…". C'est par ces mots que débute la lettre de huit pages qui vient de m'être adressée par le Président de la Quatrième Chambre de la Cour des comptes.

Il y a tout juste un an, le Bureau de la MGP nouvellement élu, se voyait remettre un rapport provisoire élaboré après plusieurs mois de contrôle, par deux magistrats de la Cour des comptes. Les constatations sur le fonctionnement de notre mutuelle étaient sévères et nous faisaient craindre le pire pour notre avenir.

Le document reçu aujourd'hui prend acte de nos engagements contenus dans le plan de mesures d'urgence. Nous le considérons comme une validation de notre programme de travail et une marque de confiance qui nous est octroyée pour le mener à bien.

Bien sûr, si nous regardons devant nous, la route est encore longue et semée d'embûches, comme pour toutes les autres mutuelles. Mais un regard porté en arrière, sur les douze mois qui viennent de s'écouler, nous montre tout le chemin déjà parcouru.

Nous étions confrontés à un triple défi :
- redresser le fonctionnement de la mutuelle,
- obtenir la confiance de la Cour des comptes pour continuer,
- mettre nos structures en conformité avec le nouveau Code de la Mutualité.

Et nous devions dans le même temps, comme toutes les entreprises, préparer le passage à l'euro.

Nous avons rempli le contrat.

Mais comme rien n'est jamais achevé, nous devons aujourd'hui contractualiser nos relations avec le ministère et choisir le partenaire qui nous aidera à réussir le défi européen.

Chaque jour qui passe nous amène à conjuguer le verbe faire : nous avons fait, nous faisons, nous ferons…

En ce qui me concerne, c'est le futur que je préfère car il est porteur des projets en gestation, de l'avenir et de l'espoir.


Le Président national,
Jean-Marie VENTURA

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