Environnement et santé : quels sont les liens ?


La notion de santé, dans l’usage courant, est souvent réduite à l’absence de pathologie, mais « bonne santé et bien-être exigent un environnement propre et harmonieux dans lequel tous les facteurs physiques, psychologiques, sociaux et esthétiques reçoivent leur juste place ».

 

Cet extrait issu de la Charte européenne de l’environnement et de la santé publiée en 1989 par l’OMS montre bien que la santé n’est pas qu’une simple absence de maladie. 


La notion d’environnement est, elle aussi, très souvent réduite au domaine de l’écologie. Mais, par effet de ricochet, la préservation des milieux naturels permet l’amélioration du cadre de vie et donc de la santé.


Les notions d’environnement et de santé trop rarement associées sont pourtant en interaction évidente. Certaines maladies peuvent être aggravées, voire déclenchées, par l’environnement. Celles pour lesquelles un lien avec l’environnement a pu être mis en évidence sont nombreuses : maladies respiratoires (dont l’asthme), infectieuses, cardiovasculaires, certains cancers, etc.
 
La définition de la santé environnementale retenue de façon consensuelle est issue de la conférence d’Helsinski en 1994 

« La santé environnementale comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement. Elle concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé des générations actuelles et futures. »
 
Une des caractéristiques essentielles en santé environnementale est qu’elle fait appel à de nombreuses disciplines scientifiques et qu’elle nécessite la mobilisation d’équipes pluridisciplinaires. 

 

 

Quels sont les principaux risques environnementaux pour la santé ?


Il est possible de les dissocier en 3 groupes :


Les risques pour la santé liés à la dégradation de la qualité de l’environnement (eau, air et sols)


L’augmentation démographique combinée à la croissance des modes de consommation induit une production mondiale de substances synthétiques très importante.

 

La production mondiale de substances synthétiques était d’1 million de tonnes en 1930, elle était de 400 millions de tonnes en 2002. Cette hyperproduction à des conséquences directes sur notre environnement en termes de traitement des déchets (produits très peu biodégradables pour beaucoup d’entre eux) de la dispersion de particules et de gaz (CO2, oxydes d'azote et de soufre...) dans la biosphère (eau, air et sols).
 
 


Les risques liés à des évènements dits « catastrophes » pouvant avoir des répercussions extrêmement néfastes sur la santé des populations


Les catastrophes technologiques, environnementales ou la combinaison des deux, se sont amplifiées en fréquence et en intensité ces dernières années — en attestent l’accident de Tchernobyl, les séismes et tsunamis (Haïti, Japon), l’explosion à l’usine AZF en France —, entraînant le plus souvent des situations de crise sanitaire. En effet, l’ampleur combinée à la soudaineté, voire la rapidité, de ces évènements surprend les autorités publiques et met les populations en danger.
 

 

Les risques émergents


L‘Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail définit un risque émergent comme suit : « un risque émergent se définit comme étant tout risque à la fois nouveau et croissant. »

Le terme « nouveau » signifie soit que le risque n’existait pas auparavant, soit qu’un problème de longue date est désormais considéré comme un « risque » à cause de l’évolution de la perception de la population ou de nouvelles connaissances scientifiques.


Les principaux risques considérés comme émergents à ce jour qui font l’objet d’une surveillance particulière sont : les ondes électromagnétiques, l’exposition à des matériaux toxiques (les produits allergisants, les produits CMR), ou encore les particules (nanoparticules, particules Diesel, fibres minérales manufacturées) et tout ce qui touche la qualité de l’air intérieur (moisissures, allergènes, etc.).

 

 

Comment sont évalués les risques environnementaux pour la santé ?


Avant toute chose, il est important de bien distinguer la différence entre un risque et un danger, car dans le langage courant ces deux termes sont souvent employés indifféremment.
 
Très fréquemment utilisés par les scientifiques chargés de l’évaluation des risques pour la santé, ils renvoient à des définitions bien distinctes : 

Le danger se réfère à la propriété intrinsèque d’un agent physique, chimique ou biologique d’exercer un effet néfaste sur la santé 
 
Le risque traduit la probabilité de survenue d’un (ou de plusieurs) effet néfaste pour la santé d’un individu ou d’une population à la suite d’une exposition à un « agresseur ». Plus l’exposition à cet agresseur est importante, plus le risque sera élevé. A contrario, un produit caractérisé de très dangereux peut ne présenter aucun risque si l’on garantit qu’aucun individu n’y est exposé.
 


Un environnement sain est essentiel pour la santé humaine et le bien-être.

 

Il n’empêche que les interactions entre l’environnement et la santé humaine sont extrêmement difficiles à évaluer. En France, on identifie schématiquement trois catégories de risque justifiant des réponses différentes selon leur degré de gravité et leur niveau d’incertitude scientifique :

 

- Le risque identifié dont la preuve est établie de manière convaincante : sa gestion relève de la prévention (exemples du saturnisme et de l’amiante) ;

 

- Le risque controversé pour lequel le développement du débat scientifique n’a pas débouché sur un consensus (effets de certains produits chimiques et pesticides), mais dont la gestion nécessite une précaution forte en relation avec sa gravité (elle-même en partie liée à l'importance de la population exposée) et son irréversibilité ;

 
- Le risque émergent pour lequel le débat scientifique en est à ses prémices et dont la gestion nécessiterait une précaution faible dans la mesure où gravité et irréversibilité demeurent largement inconnues.

 

 

Qui sont les principaux acteurs de la santé environnementale en France ?

 

Les différents acteurs en matière santé environnementale sont :
 

Les principaux acteurs publics 

 

 

  • - Le Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social
  • - Le Ministère des Affaires sociales et de la Santé
  • -Le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie

    
 
Ce sont les trois principaux ministères en matière de Santé Environnement. Ils mettent en place des politiques de prévention liés aux substances dangereuses, aux pollutions sonores, de l’air, de l’eau. Au sein de la Direction Générale de la Santé est animée la mise en place du Plan National Santé Environnement.

 

- Les Agences Régionales de Santé (ARS)

 

Au niveau départemental, les ARS disposent d'un service « Environnement santé » en charge de la surveillance de la qualité de l'eau et de la lutte contre les nuisances et pollution de l'habitat (bruit, amiante, plomb, radon, monoxyde de carbone, habitat indigne).


- Les Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL)

 

Au niveau local, les DREAL appliquent les politiques nationales en matière d’environnement et d’aménagement durable.
 


- L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES)

 

La gestion des risques de santé liés à l’environnement fait donc partie intégrante de ses missions, l’ANSES étant chargée de l’évaluation de ces risques et de l’élaboration de la réglementation relative à leur prévention, ainsi qu’à la mise en œuvre des mesures de protection de la population.
 


- L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES)

 

Cet organisme public diffuse des documents et informations sur la pollution de l'air intérieur, les ondes électromagnétiques... ainsi qu'un baromètre sur la perception des risques environnementaux sur la santé par la population.


 
- L’Institut de Veille Sanitaire (INVS)

 

Chargé de la surveillance et de l’alerte dans tous les domaines de la santé publique, dans la gestion des risques de santé liés à l’environnement, notamment depuis sa réforme en 2004 : pollution de l’air, expositions aux polluants chimiques, risques liés aux variations climatiques, etc.

 


- L’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (ADEME)

 

Établissement public qui participe à la mise en place effective des politiques nationales dans le domaine environnemental et énergétique. Parmi ses domaines d’action figurent la protection de la qualité de l’air et la lutte contre le bruit.
 


- L’Institut National du Cancer

 

Établissement public qui mène des actions visant à prévenir l’apparition de cancers, notamment ceux liés aux facteurs environnementaux. Le site de l’Institut propose des informations sur les liens établis entre l’environnement et l’apparition de cancer (radon, pollution de l’air, substances toxiques, etc.).
 


- L’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS)

 

L’Institut a pour mission de contribuer à la prévention des risques que les activités économiques font peser sur la santé, la sécurité des personnes et des biens, et sur l’environnement. Il mène des programmes de recherche visant à mieux comprendre les phénomènes susceptibles de conduire aux situations de risques ou d’atteintes à l’environnement et à la santé, et à développer sa capacité d’expertise en matière de prévention.
 
On peut citer aussi le Conseil supérieur d’hygiène publique en France (CSHPF) qui est une instance qui peut être consultée lorsque se posent des problèmes sanitaires dont ceux liés à l’environnement (qualité de l’eau ou de l’air). Les Agences Régionales de santé (ARS) qui sont en charge au niveau régional de la prévention mais aussi de la veille et de la sécurité sanitaire.

 

 

Quelques acteurs du milieu associatif 

 

- Les Observatoires régionaux de Santé (ORS)

 

Ils participent à la mise à disposition de la population d’informations, de la diffusion de bonnes pratiques en matière de santé environnementale.
 


- L’Association Santé Environnement France (ASEF)


Association qui rassemble près de 2 500 professionnels de santé, qui s'intéressent à l'impact de l’environnement, notamment des pollutions, sur la santé des personnes. Cette association informe les professionnels de santé sur les problématiques de qualité de l’air (intérieur et extérieur), de l’eau, mais également sur le changement climatique ou les ondes électromagnétiques.
 


- Le Réseau Environnement Santé (RES)


Le réseau regroupe médecins, scientifiques et différentes associations afin de mettre en avant les liens entre santé et environnement et de pousser les acteurs publics à prendre en compte ces relations dans leurs mesures. Les principaux thèmes abordés par le RES sont les perturbateurs endocriniens, les maladies chroniques, l’alimentation et les maladies émergentes (hypersensibilité chimique, électrosensibilité, etc.).
 


- Le WECF (Women in Europe for a Common Future)


Cette association européenne développe notamment les ateliers Nesting qui visent à informer et sensibiliser les parents et professionnels de la petite enfance aux moyens de construire un environnement plus sain pour le bébé.


 
- La Société Française de Santé et Environnement (SFSE)


Elle encourage la recherche et la diffusion de connaissance sur la thématique Santé et Environnement. Elle gère également la revue Environnement Risques et Santé.

 

 

Sources :

- Ministère des affaires sociales et de la santé. Plan National Santé-Environnement. 2009 .
- Réseau Environnement santé, Cedis Formation. Notre environnement, c’est notre santé. Congé sur ornes : Le passager clandestin ; 2012. 
- Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. 
- Santé Environnement .
- Menard C., Girard D., Léon C., Beck F. (dir.) Baromètre santé environnement 2007. Saint-Denis : INPES, coll. Baromètre santé, 2008 : 420 p.
- Choukroun P, Centre de pathologies environnementales et professionnelles CHRU de Brest. L’évaluation des risques, les valeurs de référence et les guides. 2013.

 

Auteur : PERRIN Philippe (Eco-infirmier)

 

Publié le 10 février 2021

 

Côté MGP 

Première mutuelle à devenir mutuelle à mission, la MGP intègre dorénavant les problématiques liées à l'environnement dans sa raison d'être : "favoriser la sérénité de toutes celles et tous ceux qui concourent à la sécurité des personnes et des biens, ainsi que de leur entourage, en étant la mutuelle qui s’engage avec force, dans une démarche de protection durable et de progrès, et intervient quotidiennement à leur côté, avec des solutions spécifiques, adaptées à l’évolution du monde auquel ils appartiennent."  Résolument convaincue de la relation entre l’environnement et la santé, elle est attentive à son empreinte environnementale, qu’elle entend atténuer. La MGP inscrit ses actifs dans une démarche d’investissement responsable, qui favorise la transition énergétique et l’économie réelle.