Chiffres dans le monde et en France

 

  • • Dans le monde :


En 2018, 37,9 millions de personnes vivaient avec le VIH.
1,7 millions de nouvelles contaminations ont été comptées durant cette année.

 

  • • En France :


Fin 2016, environ 173000 personnes vivaient avec le VIH.
En 2018, 6200 personnes ont découvert leur séropositivité. Ce chiffre est en baisse par rapport à 2017 (-7%), alors qu’il était stable depuis 2010. 


Parmi ces 6200 personnes, 56% ont été contaminées par rapports hétérosexuels, 40% lors de rapports sexuels entre hommes et 2% par usage de drogues injectables.


D’un point de vue géographique, le nombre de découvertes de séropositivité VIH rapporté à la population est beaucoup plus élevé en Guyane, en Guadeloupe, Martinique et Ile-de-France par rapport au reste du territoire.

 

 

Différence entre le VIH et le SIDA


Beaucoup confondent VIH et SIDA, mais il faut savoir que ce n’est pas la même chose !
Une personne atteinte du SIDA a obligatoirement le VIH, alors qu’une personne qui a le VIH n’a pas forcément le SIDA.


Explications :


Le VIH est le Virus de l’Immunodéficience Humaine. Il s’agit d’un rétrovirus humain sexuellement transmissible, au même titre que l’herpès génital ou encore les chlamydiae. Ce virus détruit progressivement certaines cellules immunitaires, en particulier les lymphocytes T CD4, des personnes infectées. L’infection peut rester asymptomatique pendant plusieurs années. On dit que l’individu est séropositif.


Le SIDA, qui signifie Syndrome d’Immunodéficience Acquise, est la pathologie qui peut résulter de la présence du VIH dans votre corps. C’est le stade avancé de l’infection au VIH. En effet, le VIH affaiblit le système immunitaire et s’il n’est pas traité, est responsable du SIDA. Plus précisément, le SIDA correspond à l’apparition d’une ou plusieurs pathologies opportunistes liée à l’affaiblissement du système immunitaire.

 


Modes de contamination 


Il existe 3 voies de transmission :


En majorité, le virus responsable du SIDA se transmet durant des rapports sexuels non protégés s’il y a pénétration vaginale ou anale. La pénétration buccale (fellation) présente un risque faible de transmission du VIH. 

 

Des facteurs réduisent et augmentent le risque d’être infecté lors des rapports sexuels :

 

  • - Les facteurs réduisant le risque sont la contraception (le préservatif) et la prise d’un traitement efficace.
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  • - Les facteurs augmentant le risque d’être infecté sont la présence d’une autre infection sexuellement transmissible (IST), des lésions ou irritations des muqueuses et tout saignement, y compris les règles.


Le VIH peut également se transmettre par un contact important avec du sang contaminé lors de partage de matériel d’injection ou en cas d’accident d’exposition au sang (AES), pour les soignants notamment. 


Enfin, le virus peut être transmis de la mère à l’enfant, pendant la grossesse ou l’allaitement si la mère, souffrant de VIH, ne prend pas de traitement.

 

 

Evolution de l’infection

 

Certains signes peuvent apparaître entre 2 et 6 semaines après la contamination : fièvre, éruption cutanée, fatigue, diarrhée. Ils disparaissent rapidement.

 

Ensuite, vient la phase silencieuse durant laquelle il n’y a aucun signe apparent, mais pendant laquelle le virus est présent dans l’organisme et peut donc être transmis, en l’absence de traitement.


Sans traitement approprié, le VIH affaiblit progressivement le système immunitaire. Le VIH arrive à un stade avancé, qu’on nomme SIDA ; ce qui consiste à l’apparition d’une ou plusieurs pathologies opportunistes.

 

 

Vivre avec le VIH


Il faut le savoir, il n’est pas possible de guérir d’une infection par VIH. Certes, le traitement peut empêcher la multiplication du virus dans votre corps, mais il ne peut pas le supprimer totalement.


L’infection par le VIH nécessite une surveillance médicale régulière, c’est indispensable. Le suivi médical ne doit être négligé ou interrompu. 


Au quotidien, des mesures d’hygiène de vie préviennent le risque cardiovasculaire et les troubles métaboliques liés au traitement.

 


Les consultations systématiques de suivi à vie par le médecin traitant et l’équipe médicale spécialisée ont pour objectifs de s’assurer :

 

  • - Du maintien de la charge virale VIH plasmatique à un niveau indétectable (inférieure au seuil de détection du laboratoire)
  • - Du bon suivi du traitement et de sa tolérance
  • - De l’absence de pathologies associées

 

 

Si vous êtes porteurs du VIH, suivez quelques conseils en veillant à :

 

  • • Prendre votre traitement régulièrement pour garder une charge virale indétectable et éviter la survenue de résistance du virus
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  • • Faire les analyses de sang régulièrement prescrites pour contrôler l'efficacité et la tolérance au traitement
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  • • Respecter les examens de dépistage tels que le frottis du col de l'utérus, l'ostéodensitométrie si une ostéoporose est suspectée
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  • • Ne pas oublier les vaccinations possibles et conseillées
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  • • Consulter en cas d’apparition de symptômes inhabituels et signaler la survenue d’effets indésirables à votre médecin
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  • • Soigner vos autres problèmes de santé (hypertension artérielle, diabète, surpoids...) et veiller à vous préserver du risque cardiovasculaire
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  • • Ne pas prendre de traitement autre que celui prescrit, sans avis médical, car de nombreux médicaments interagissent avec les antirétroviraux
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  • • Signaler votre traitement en cours lors de toute consultation auprès d'un autre professionnel de santé

 

Comme pour n’importe quel traitement, le traitement du VIH a des effets secondaires.

 


Les effets secondaires précoces, c’est-à-dire ceux qui apparaissent au début de la prise du traitement sont :

 

  • - Des manifestations allergiques (en particulier éruptions cutanées)
  • - Des signes généraux (fatigue, maux de tête, perte d’appétit) 
  • - Troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée)
  • - Hépatite médicamenteuse

 


Il y a également des effets secondaires dus à la prise du traitement sur le long terme :

 

  • - Des anomalies de la répartition des graisses


Certaines combinaisons d'antirétroviraux peuvent provoquer, après plusieurs mois ou plusieurs années de traitement, des troubles de la répartition des graisses (appelées lipodystrophie). Ces troubles peuvent apparaître sous forme d'une lipoatrophie (joues creuses, veines saillantes), ou d'une lipohypertrophie (surcharge de graisses au niveau du tronc et de l'abdomen).

 

  • - Augmentation du risque cardio-vasculaire et d’anomalies du métabolisme des graisses et du sucre


Il semblerait que l'infection par le VIH et le traitement antirétroviral augmentent le risque cardiovasculaire de la personne atteinte, en particulier le risque d'infarctus du myocarde, d’où l’intérêt de réduire l’exposition aux facteurs de risques (cf Prévention). 

 

  • - Toxicité hépatique, rénale et osseuse des antirétroviraux


L'atteinte hépatique se manifeste le plus souvent par une augmentation des enzymes hépatiques, plus importante en cas de consommation d'alcool.
L’atteinte de la fonction rénale est possible lors de la prise de certains antirétroviraux. Généralement, la fonction rénale redevient normale lorsque votre médecin remplace le médicament en cause par un autre antirétroviral.
L’ostéoporose est plus fréquente.

 

Structures d’accompagnement


Des structures sont là pour vous accompagner et vous informer.

 


Pour obtenir de l’aide dans votre vie quotidienne, renseignez-vous auprès :

 

  • • Des assistants sociaux (mairie, hôpital, Assurance Maladie)
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  • • Des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) 
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Retrouvez la liste les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) sur le site annuaire.action-sociale.org.

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  • • Des associations de patients. Elles sont présentes pour vous écouter, vous informer, notamment à travers l’échange d’expérience avec d’autres personnes. 
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  • • Sida Info Service (site externe) :  pour ne pas vous sentir seul face à une situation difficile, vous pouvez appeler le 0.800.840.800 (appel confidentiel, anonyme et gratuit).

 


Prévention du VIH


Il n’existe pas de vaccin contre le VIH, toutefois plusieurs possibilités de prévention sont disponibles :

 

  • - Protégez-vous avec un préservatif lors des rapports sexuels, que vous soyez séronégatif ou séropositif


Les préservatifs masculin (externe) et féminin (interne) permettent de se protéger des infections sexuellement transmissibles (IST) lors des rapports sexuels.

Ils peuvent être achetés dans les pharmacies, les supermarchés, dans certains bars-tabacs, dans des distributeurs automatiques. Les préservatifs masculins sont maintenant remboursés par la sécurité sociale, n’hésitez-pas à demander à votre médecin de vous en prescrire.

 

  • - Dépistez-vous si vous êtes exposé 


Le dépistage permet un diagnostic de l’infection à VIH précoce et donc l’administration d’un traitement, rapidement. Il s’agit d’ailleurs de l’unique moyen de diagnostiquer une infection au VIH.


Vous pouvez vous faire dépister :

 

Dans un laboratoire de biologie médicale. Le test est remboursé à 100% par la sécurité sociale sur ordonnance d’un médecin

 

Dans un centre de dépistage gratuit (CeGIDD), un centre de planification et d'éducation familiale (CPEF), un centre de Protection maternelle et infantile (PMI)

 

Auprès d’une association qui propose des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) 

 

Avec un autotest acheté en pharmacie. 

 

 

  • - Consultez immédiatement après une exposition


Le médecin pourra vous administrer un traitement préventif : PrEP ou prophylaxie pré-exposition, TPE ou traitement post-exposition.


La PrEP (« prophylaxie pré-exposition ») est un traitement préventif qui peut être pris par les personnes séronégatives pour réduire le risque de contamination par le VIH. Cette méthode s’adresse aux personnes séronégatives de plus de 18 ans qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif, et qui sont particulièrement exposées au VIH, notamment :

 

  • - Les hommes et les personnes trans qui ont des relations sexuelles avec des hommes
  • - Les personnes en situation de prostitution 
  • - Les personnes originaires de régions où le VIH est très présent (Afrique subsaharienne, Guyane…)
  • - Les usagers de drogues par voie intraveineuse
  • - Les personnes ayant des partenaires sexuels multiples


Le traitement post-exposition (TPE) est un traitement d’urgence qui, pris rapidement après une exposition au VIH, réduit fortement le risque de contamination par le VIH. Mais attention, le risque n’est pas totalement éliminé. Idéalement, il doit être administré dans les 4 heures après l’exposition, et au maximum 48h après.

 

Ce traitement est disponible dans les services d’urgences des hôpitaux. Son intérêt est évalué individuellement par le médecin en fonction de l’exposition au VIH.


Pour les personnes séropositives :

 

  • - Consultez régulièrement et prenez votre traitement de façon assidue : TasP ou traitement comme prévention, PTME ou prévention de la transmission mère-enfant


Le traitement par antirétroviraux des personnes séropositives réduit très efficacement le risque pour une personne séropositive de transmettre le virus à son/ses partenaire(s). Il s’agit d’une tri- voire d’une quadrithérapie, c’est-à-dire que 3 ou 4 médicaments différents doivent être pris. C’est ce qu’on appelle la prévention par les traitements (de l’anglais « Treatment as Prevention » ou TasP). De plus, il améliore leur santé en empêchant l’évolution vers le sida et augmente leur espérance de vie.


En France, avec un traitement efficace bien pris et un suivi médical régulier, le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant est de moins de 1%. Malgré cela, si vous êtes séropositive, il ne sera pas possible d’allaiter votre enfant. Il faudra le nourrir au biberon avec des laits de substitution.

 

  • - Une alimentation variée et équilibrée

 

Pour aussi bien lutter contre le surpoids et l'obésité, que l'amaigrissement et la dénutrition. Si vous avez des perturbations métaboliques (taux sanguin de cholestérol et/ou glycémie élevés), adaptez votre alimentation selon les conseils de votre médecin.

 

  • - Pratiquez une activité physique régulière
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Il est important de lutter contre la sédentarité pour conserver une meilleure santé physique et psychique.

 

  • - Arrêtez de boire de l’alcool et de fumer 


Il est souvent nécessaire d'arrêter la consommation de tabac, de drogues, d'alcool et de tout médicament non prescrit. La substitution ou le sevrage sont possibles si vous êtes dépendant(e). Demandez conseil à votre médecin traitant.

 

 

Sources :

Santé publique France
Prévention SIDA
Assurance maladie

 

Auteur : Service Prévention et Promotion de la Santé de la MGP
 

 

Publié le 09/11/20