« La pandémie de Covid 19… Ça n’a pas arrangé les choses… » les réactions des aidants qui accompagnent un proche touché par une grave maladie, un handicap ou qui sont dépendants du fait de l’âge sont plutôt unanimes. Les périodes de confinement ont perturbé le fragile équilibre qu’ils étaient parvenus à mettre en place.  Du jour au lendemain, patatras, l’aide à domicile ne passe plus, l’accueil de jour ou l’institution spécialisée a fermé ses portes...

 

Le premier confinement, tout d’abord… il a été rigoureux dans sa mise en œuvre et strict dans son application. Par conséquent, de nombreux aidants, notamment ceux qui tiennent la situation à bout de bras, dans un isolement important, ont puisé dans leurs réserves de patience : « je veille à ne pas m’énerver mais à certains moments c’est plus fort que moi… mon fils a besoin d’un emploi du temps structuré : répétitif et avec des repères bien établis. Par exemple, quand c’est l’heure de sortir se promener, je le préviens cinq minutes à l’avance et ça se passe comme ça pour tous les évènements de la journée si bien que je n’ai plus une minute à moi, je suis vidée » a témoigné Madame D en avril 2020, à l’occasion d’un Café des Aidants virtuel.

 

De l’autre côté du spectre, les aidants empêchés de visiter leur proche en établissement étaient mis à mal dans leur identité d’aidant et d’aimant. Leur humeur oscillait bien souvent entre l’inquiétude et la révolte à l’instar de Monsieur L qui écrit « Pendant le confinement plusieurs fois par jour la tristesse et la crainte m’ont envahi. Je pensais à mon épouse, âgée de 64 ans, atteinte de la maladie d'Alzheimer depuis cinq ans. Je l'imaginais déambulant dans les couloirs de cette structure d'hébergement dans laquelle elle vit depuis dix mois et je me demandais quelle serait l'évolution de la maladie pendant ce temps de confinement. Reverrai-je son sourire ? Échangerions-nous encore ces regards qui remplaçaient les mots ? Sentirais-je encore la caresse de ses doigts sur les miens lorsque nous cheminions main dans la main ? Lors de mes visites quotidiennes, ces moments d'échanges pourtant rares étaient précieux, ils étaient le lien qui nous unissait encore, ils étaient l'expression de notre complicité, de notre amour. Qu'en resterait-t-il ? »

 

Entre ces deux extrêmes les aidants ont ressenti toutes les nuances de l’inquiétude, de la lassitude, et du désarroi. Ces sentiments et quelques autres ont donné leur coloration au deuxième confinement.  Moins rigide, cette deuxième période n’a pas été pour autant plus sereine. Comme tout un chacun, les aidants étaient déjà passés par là, ils savaient à quoi s’attendre, qu’il leur faudrait à nouveau lutter contre le stress, l’anxiété, la solitude.

 

 

Pour la plupart et pour la seconde fois, ils ont su faire face, témoignant de la puissance des liens d’affection et de la belle force de vie qui les anime. Ce qu’ils ont mis en place peut nous inspirer tous, que nous soyons ou non aidants :

 

  • - Ils ont développé leur relation aux autres, ont saisi toutes les occasions de rester en lien avec la famille bien sûr mais aussi avec les réseaux associatifs, les autres aidants et les professionnels : plateformes de répits, cafés des aidants, groupes de paroles, etc
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  • - Ils ont veillé à s’accorder du répit : écoutant une émission de radio, pratiquant la sophrologie ou la cohérence cardiaque
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  • - Ils ont pratiqué de l’activité physique, ont exercé leurs talents : dessiné, colorié, jardiné, joué de la musique, écrit des poèmes…

 

Bref, comme nous tous les aidants ne se sont pas laissé aller…  autant qu’ils l’ont pu, ils ont veillé à ne pas être réduits au rôle qu’ils jouent auprès de leur proche. Bien au contraire, ils ont cherché à garder les rituels et les activité du quotidien qui leur font plaisir et leur donnent le sentiment que la vie, tout de même, c’est une sacré belle affaire !

 

 

Auteur : RASSAT Joelle (Pôle Promotion de la santé - Mutualité Française Nouvelle Aquitaine)

 

Publié le 15/04/2021

 

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