Une jeune femme au teint clair parsemé de multiples taches de rousseur observe les produits solaires. Sa jolie robe à fleurs et à bretelles nous rappelle que c’est l’été. Sur ses épaules, cascadent de beaux cheveux cuivrés. Malheureusement sa peau est plus rouge encore que les reflets de sa chevelure…

 

Notre jolie trentenaire au phototype clair s’est fait surprendre par les rayons du soleil à la terrasse d’un café. Une petite pause entre copines et c’est le coup de soleil !

 

Selon notre couleur de peau, de cheveux, la présence ou non de taches de rousseur, nous développons plus ou moins un bronzage protecteur. Il existe 6 phototypes qui permettent de classer les différents types de peau (Le phototype 0 correspond au sujet albinos, le phototype 6 correspond au sujet à peau noire). Les personnes ayant une peau claire (phototypes 1, 2, 3) brûlent plus facilement au soleil.

 

Il faut se protéger à la fois des UVA qui sont responsables du vieillissement cutané et des allergies solaires et des UVB qui sont responsables des brûlures.

 

Le soleil est l’une des principales causes de cancer de la peau.

 

Les coups de soleil pris dans l’enfance et l’adolescence augmentent le risque de mélanome. PROTEGEZ VOS ENFANTS !

 

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Comment bien utiliser une crème solaire

 

Aucun produit ne filtre les rayons du soleil à 100%. L’écran total n’existe pas, la protection vestimentaire reste la meilleure.

 

Le choix de l’indice de protection (FPS=facteur de protection solaire) dépend à la fois du type de peau et des conditions d’ensoleillement (montagne, mer, tropiques...). Les indices sont classés en 4 catégories :

 

  • - Protection faible :     FPS de 6 à 10 
  • - Protection moyenne :    FPS de 15, 20 ou 25
  • - Protection haute :     FPS de 30 ou 50
  • - Protection très haute :     FPS de 50+

 

Personnellement, il est rare que je conseille une protection en-dessous de 30.

 

Un indice 50 vous protègera des coups de soleil, du vieillissement cutané donc des rides et ne vous empêchera pas de bronzer, il faudra juste un peu plus de temps.

 

Choisir une texture adaptée : une crème pour le visage, éventuellement teintée (effet bonne-mine), un produit plus fluide (lait, fluide…) pour le corps, un stick pour les lèvres, un produit non gras non comédogène pour les adolescents.

 

Appliquer généreusement (sinon le niveau de protection diminue très nettement), et sur TOUTES les surfaces découvertes (ne pas oublier la nuque, les oreilles, le dessus des pieds…). Eviter le contour de l’œil, sinon çà pique. Appliquer les solaires avant de sortir de chez vous. Renouveler toutes les deux heures, et après chaque baignade, après avoir transpiré, même si le produit est waterproof.

 

Reboucher les produits, les placer à l’ombre et les conserver maximum 12 mois après ouverture. Ne pas utiliser un produit qui a changé d’aspect ou d’odeur.

 

 

Ce qu’il ne faut surtout pas faire :

 

  • - Sous prétexte que l’on a un indice élevé, augmenter le temps d’exposition, ou ne pas renouveler l’application de crème, ou en mettre moins
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  • - Sous prétexte que la crème est waterproof, ne pas la renouveler après la baignade
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  • - Croire que le bronzage protège et n’appliquer aucune crème solaire (Un bronzage équivaut à un indice 6)
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  • - Utiliser du Monoï ou de la graisse à traire avec une protection zéro

 

 

Les bonnes pratiques à adopter cet été :

 

  • - Mettre T-shirt, lunettes, chapeau à bords larges
  • - Ne pas s’exposer entre 12 heures et 16 heures. Favoriser les lieux ombragés
  • - Ne jamais exposer directement au soleil un jeune enfant de moins de 24 mois
  • - Utiliser un produit indice 50 et adapté aux enfants
  • - Limiter davantage les expositions solaires pour les peaux sensibles ou intolérantes au soleil
  • - Ne pas croire que les nuages ou le parasol vous protègent
  • - Avant l’exposition au soleil, éviter l’application sur la peau de parfums, de déodorants, d’huiles essentielles, d’alcool
  • - Ne pas s’exposer après un coup de soleil
  • - Les cabines UV sont formellement déconseillées

 

 

La photosensibilisation médicamenteuse

 

Attention certains médicaments sont dits photosensibilisants.

 

Ces traitements, appliqués soit localement, soit pris par voie orale, sont responsables d’une réaction anormale de la peau à la lumière solaire (coup de soleil intense, démangeaisons, pigmentation résiduelle définitive, et cela sur les zones exposées quelques heures après l’exposition). Ces réactions peuvent apparaître même quelques jours après l’arrêt du traitement.

 

Exemple de molécules : les anti-inflammatoires non stéroïdiens, certains antibiotiques, l’amiodarone, certains traitements de l’acné… La liste est longue, vérifiez vos notices ou demandez à votre pharmacien.

 

 

Pour prévenir la photosensibilisation médicamenteuse :

 

  • - En accord avec le médecin suspendre le traitement pendant la période estivale, le ski ou les voyages vers des destinations ensoleillées
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  • - Limiter les expositions solaires
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  • - Renforcer la protection vestimentaire
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  • - Sur les zones non couvertes, appliquer toutes les 2 heures un produit très haute protection

 

 

Quelques situations ou maladies où il faut être vigilant face au soleil :

 

  • - La grossesse : afin d’éviter les taches brunes et le masque de grossesse ou chloasma
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  • - Les allergies solaires type lucite estivale qui apparait chaque année lors des premières expositions
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  • - L’acné qui s’améliore avec l’été pour s’aggraver ensuite, de plus les traitements sont souvent photosensibilisants
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  • - L’herpès car le soleil est un facteur déclenchant de poussée
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  • - Le lupus, la rosacée, le vitiligo...
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  • - Le psoriasis car le soleil améliore la maladie mais il faut éviter les coups de soleil
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  • - Les personnes chauves afin de prévenir les cancers du cuir chevelu, il faut mettre un chapeau
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  • - Les cicatrices : il faut protéger la peau rose et fine par un sparadrap ou un vêtement pendant 6 à 12 mois

 

 

Composition et risques pour la santé

 

Les crèmes solaires traditionnelles sont constituées d'une association :

 

  • - De filtres UV organiques ou chimiques qui absorbent les rayons ultra-violets
  • - De filtres UV minéraux, composés d'oxyde de titane et d'oxyde de zinc, qui reflètent la lumière

 

Certains filtres chimiques étant accusés d'être des perturbateurs endocriniens, certains fabricants proposent à présent des crèmes composées uniquement de filtres minéraux. Mais cette composition rend la crème solaire difficile à appliquer et laisse des traînées blanches sur la peau. Pour résoudre ce problème, les fabricants incorporent alors des filtres minéraux sous forme de nanoparticules. Ces particules sont si fines qu'elles sont soupçonnées de passer la barrière épidermique ainsi que d'autres barrières physiologiques pour atteindre les organes internes. Il s'agit d'une technique relativement récente, et nous manquons d'études pour évaluer l'impact de ces nanoparticules sur la santé. À partir du 11 juillet 2013, les fabricants auront l'obligation d'indiquer la présence de nanoparticules sur les étiquettes.  

 

Le dioxyde de titane est suspecté d'effets cancérigènes lorsqu'il est sous forme nanométrique. Là encore, les études scientifiques sont en cours et se contredisent. Dans le doute, il est recommandé d'éviter d'utiliser une crème solaire sur une peau blessée ou sur des coups de soleil. Il est également recommandé d'éviter ces crèmes solaires durant la grossesse et sur les enfants de moins de 6 mois.

 

Enfin, il faut privilégier les contenants de type tube plutôt que les sprays. Si l'on utilise des sprays, il faut éviter de les vaporiser dans des lieux fermés car cela favorise l'inhalation des nanoparticules.

 

Il faut aussi savoir que les crèmes solaires sont à l'origine d'une forte pollution des eaux et favoriseraient la disparition des massifs coralliens.

 

Selon une étude (1), un composant présent dans presque toutes les crèmes solaires, l'octocrylène, se dégrade avec le temps. Il se transforme en benzophénone, cancérigène et perturbateur endocrinien.

 

C’est pour cela que les produits solaires qui en contiennent ne doivent pas être gardés au-delà d’un an. 

 

L’octocrylène est quant à lui néfaste pour les espèces marines, en particulier les coraux. 

 

 

Source :
(1) C. A. Downs, Joseph C. DiNardo, Didier Stien, Alice M. S. Rodrigues, and Philippe Lebaron. Benzophenone Accumulates over Time from the Degradation of Octocrylene in Commercial Sunscreen Products. Chemical Research in Toxicology 2021 34 (4), 1046-1054. DOI: 10.1021/acs.chemrestox.0c00461

 

Auteurs : SOURAUD Séverine (Pharmacienne), PERRIN Philippe (Eco-infirmier) (Composition et risques pour la santé) et Service Prévention et Promotion de la Santé de la MGP (octocrylène et benzophénone)

 

Publié le 27/04/2021


 

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