Quand le médecin vous prescrit un test, que ce soit parce que vous avez des symptômes ou parce que vous êtes cas-contact, vous devez systématiquement vous isoler.

 

Il vous prescrit également des masques chirurgicaux à mettre lorsque vous êtes en présence d’autres personnes. 
Les résultats arrivent. Votre test est POSITIF. Le médecin vous en informe et renseigne vos données sur « contact-covid » d’AmeliPro. 

 

Les services de l’Assurance Maladie vous appelleront pour confirmer ou compléter la liste, que vous avez donnée à votre médecin généraliste avant le résultat du test, des personnes avec qui vous avez été en contact jusqu’à 48h avant l’apparition des signes. 

 

Ils contacteront ces personnes pour qu’elles s’isolent, surveillent leur état de santé et se fassent tester à leur tour. 

 

Vous pouvez récupérer des masques chirurgicaux, gratuitement, directement en pharmacie en présentant le résultat de votre test positif :

 

  • • 30 masques pour les patients atteints de Covid-19 ou cas-contacts
  • • 50 masques pour les personnes à très haut risque médical

 

Chez 85% des personnes ayant un test positif, il n’y aura pas de signe de gravité. Dans ce cas, l’isolement et la surveillance à domicile suffiront.

 

 

Évaluation du risque

 

Les personnes à risque de forme grave sont ceux qui présentent au moins l’une de ces caractéristiques :

 

  • - Âge > 65 ans
  • - Diabète
  • - Obésité (IMC > 30 kg/m2)
  • - Hypertension artérielle compliquée
  • - Antécédent d’AVC ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque
  • - Comorbidités respiratoires à risque de décompensation (dégradation, souvent brutale)
  • - Insuffisance rénale chronique dialysée
  • - Insuffisance cardiaque (stade NYHA III ou IV) 
  • - Néoplasie (formation anormale de tissu) évolutive sous traitement
  • - Cirrhose hépatique (≥stade B)
  • - Immunodépression (médicamenteuse, greffe d’organe solide, hémopathie maligne sous traitement)
  • - VIH non contrôlé ou CD4 <200/mm3
  • - Syndrome drépanocytaire majeur
  • - Asplénie (absence de rate fonctionnelle)
  • - Grossesse au troisième trimestre 

 

Elles nécessitent une surveillance rapprochée.

 

Des signes de gravité poseront la question d’une hospitalisation et l’avis d’autres médecins en appelant le 15.

 

Ce sont :

 

  • - Une température supérieure à 40°C
  • - Une tachypnée (augmentation de la fréquence respiratoire supérieure à la normale) supérieure à 22 
  • - Une désaturation Sp02 < 95% ou < 90% si comorbidités respiratoires (BPCO…)
  • - Une tension artérielle systolique < 100 mm Hg ou marbrures ou sueurs ou temps de recoloration cutané (TRC) allongé chez l’enfant 
  • - Une fréquence cardiaque supérieure à 120 battements par minute ou troubles du rythme 
  • - Une altération de la conscience 
  • - Une confusion
  • - Un ralentissement idéo-moteur
  • - Une somnolence 
  • - Une déshydratation
  • - Une oligurie (production anormalement basse d’urine)
  • - Une altération brutale de l’état général

 

Pour les patients étant sous oxygène (O2) à domicile, il y a indication à hospitaliser, voire à appeler le 15 si le besoin en oxygène est supérieur à 3 l/min ou si une complication apparaît. 

 

 

Surveillance et prise en charge 

 

En général, on guérit en quelques jours avec du repos. Toutefois, il faut surveiller l’apparition ou l’aggravation de signes.
Il est recommandé de prendre votre température au moins 2 fois par jour. 

 

Les symptômes peuvent être traités avec du paracétamol. Les anti-inflammatoires (AINS) sont contre-indiqués : ibuprofène... A ce jour, aucun traitement antiviral n’a été validé. Pas d’antibiotique systématique.

 

Pour les patients à risque (alitement prolongé) ou sous O2, un traitement thrombo-embolique pourra être prescrit. Dans certains cas, ce traitement sera à prendre plus de 10 jours. Votre médecin réévaluera régulièrement la balance bénéfice/risque.

 

Si vous prenez un traitement pour une autre maladie, continuez-le. Ne prenez pas d’autre traitement sans l’avis de votre médecin, n’hésitez-pas à l’appeler pour lui demander des renseignements. 

 

La prise en charge des patients oxygéno-dépendants à domicile est à adapter, pour ce faire il y aura une discussion tripartite entre votre médecin généraliste, un médecin hospitalier et vous-même.  

 

L’oxygénothérapie à domicile est possible, uniquement si les besoins en O2 sont inférieurs à 4 l/min : 

 

 

  • - A la sortie d’hospitalisation : avec surveillance à domicile : infirmier, kinésithérapeuthe, médecin, incitation à la télésurveillance 
  •  
  • - Ou de façon exceptionnelle, en amont de l’hôpital :  proposée à des patients stables, entourés et qui respectent les instructions et prescriptions de leur médecin (observants), sans facteur de risque, avec discussion préalable et décision partagée avec le médecin hospitalier référent COVID permettant de définir la surveillance nécessaire (IDE, HAD…). Une attention particulière sera portée à ces patients en raison de la rapidité de la dégradation lorsqu’elle survient. Une corticothérapie pourra être prescrite en parallèle, dans certains cas, pendant plusieurs jours. 

 

Votre médecin réévaluera cliniquement votre état de santé notamment entre J6-J12, surtout chez les patients à risque de forme grave.

 

 

L’isolement

 

L’isolement est nécessaire pour éviter de contaminer votre entourage et donc limiter la propagation de l’épidémie.
Il durera au minimum 10 jours après l’apparition des premiers symptômes.  

 

 

Où s’isoler ?

 

Si les conditions s’y prêtent, après avoir parlé avec votre médecin, vous pouvez rester chez vous. 

 

Si les conditions ne sont pas réunies (absence de pièce individuelle, proche à risque à domicile, intolérance au confinement, inobservance prévisible), vous pourrez être isolé en dehors de chez vous. L’Assurance Maladie vous proposera une solution adaptée.

 

 

Comment bien s’isoler ?

 

Que ce soit chez vous ou dans un lieu d’hébergement :

 

  • - Restez, si possible, dans une pièce séparée et fermez la porte. Dormez seul et prenez vos repas seuls dans cette même pièce. 
  •  
  • - Evitez les contacts avec les autres personnes de la maison ou du lieu d’accueil, ne les touchez pas, ne les embrassez pas. 
  •  
  • - Si vous êtes dans la même pièce que quelqu’un d’autre, portez un masque chirurgical.
  •  
  • - Utilisez une salle de bain et des toilettes séparées, si possible. Si vous n’avez pas le choix, nettoyez les pièces partagées régulièrement. Toute personne (vous et les autres) qui va dans ces pièces se lave les mains avant d’entrer et en sortant. 
  •  
  • - Tenez-vous à plus d’1 mètre des autres personnes et limitez vos discussions à moins de 15 minutes. 
  •  
  • - Ne voyez pas les personnes fragiles : de plus de 65 ans, atteintes de maladies chroniques (hypertension, le diabète, les maladies cardiovasculaires …), présentant une obésité importante et les femmes enceintes au 3e trimestre de grossesse. 
  •  
  • - Lavez-vous les mains très souvent avec de l’eau et du savon et séchez-les avec une serviette personnelle.
  •  
  • - Utilisez un mouchoir pour tousser et vous moucher, puis jetez-le et lavez-vous les mains.
  •  
  • - Ne partagez pas les objets de tous les jours avec d’autres personnes (serviettes et gants de toilette, savon, couverts, assiettes, téléphone, etc.).
  •  
  • - Si vous êtes seul, demandez à vos proches (famille, amis, voisins) de vous livrer vos médicaments, des masques chirurgicaux (fournis pour la durée de l’isolement), vos courses ou vos repas ou faites-les livrer par le magasin ou la pharmacie si cela est possible. Faites déposer le colis sur le palier pour limiter les contacts. 
  •  
  • - Si vous avez besoin de soins ou d’aide à domicile, choisissez, si possible, une seule personne pour vous aider. Cette personne doit se laver les mains très régulièrement et porter un masque.
  •  
  • - Donnez des nouvelles à vos proches. 
  •  
  • - Si vous devez aller chez le médecin, au laboratoire ou à la pharmacie, lavez-vous les mains avant de quitter le domicile, mettez un masque chirurgical et restez éloigné des autres pendant votre sortie qui doit être la plus courte possible.

 

 

Pour nettoyer votre logement :

 

  • - Aérez très régulièrement les pièces dans lesquelles vous vivez en ouvrant les fenêtres (au moins 10 minutes plusieurs fois par jour). 
  •  
  • - Nettoyez et désinfectez les surfaces que vous touchez : poignées de porte, meubles de salle de bains, toilettes, sols, etc., avec votre produit habituel, puis avec un produit contenant de l’eau de javel ou de l’alcool à 70°. Rincez à l’eau. 
  •  
  • - Lavez vos couverts et votre vaisselle à part avec du produit vaisselle séchez-les. Ou lavez-les au lave-vaisselle à 60 ° C. 
  •  
  • - Lavez votre linge (draps, serviettes de toilette) à 60 ° C minimum, pendant au moins 30 minutes. Mettez-le directement dans la machine à laver, sans le secouer. 
  •  
  • - Privilégie des ustensiles de ménages qui ne dispersent pas les poussières comme une éponge ou une serpillère. N’utilisez pas d’aspirateur. 
  •  
  • - Après avoir fait le ménage, lavez-vous les mains et séchez-les.

 

 

Pour éliminer les déchets potentiellement contaminés chez vous :

 

 

  • - Utilisez un sac plastique (opaque, volume de 30 litres maximum, fermeture avec liens) que vous gardez dans la pièce où vous vivez.
  •  
  • - Jetez dans ce sac uniquement les masques, mouchoirs en papier, les lingettes et tous les autres supports de nettoyage jetables utilisés. 
  •  
  • - Fermez ce sac quand il est plein et placez-le dans un deuxième sac plastique.
  •  
  • - Ne le touchez pas pendant 24h ; passé ce délai, jetez-le dans le bac à ordures non-recyclables.

 

Si vous êtes dans un lieu d’hébergement, respectez les consignes

 

 

A qui poser vos questions ? Qui vous accompagne ?

 

Vous avez une question en lien avec votre état de santé ? Appelez votre médecin.

 

Vous vous sentez seul, vous êtes inquiet ? Appelez le 0800 130 000.

 

Depuis le 21 janvier 2021, les enquêteurs sanitaires en charge du contact tracing proposent systématiquement aux personnes testées positives à la Covid un accompagnement sanitaire, matériel et psychologique à l’isolement : aide aux démarches administratives, aide à domicile, repas, portage de courses ou médicaments, accès aux communications électroniques, soutien psychologique…

 

Ce soutien comprend une visite à domicile par un infirmier libéral : toute personne positive qui le souhaite peut bénéficier de cette visite, prise en charge à 100 %, dans les 24 h suivant le contact de l’Assurance Maladie. Lors de la visite, l’infirmier aide le patient à organiser son isolement, lui donne des conseils et propose de dépister les membres de son foyer isolés avec lui. Il peut également identifier des besoins d’accompagnement social complémentaires et les transmettre à la préfecture du département. Aucune visite à domicile ne sera réalisée sans le consentement de la personne isolée.

 

 

Levée de l’isolement

 

Le test n’est pas nécessaire pour confirmer la levée d’isolement. 

 

Pour les formes non-réanimatoires voire asymptomatiques d’un patient non-immunodéprimé, l’isolement strict est indiqué jusqu’à 10 jours après le début des symptômes fonctionnels ou la réalisation du test RT-PCR.

 

À la fin de cette période, si vous n’avez plus de signes de la maladie, l’isolement peut se stopper. 

 

Si au bout de ces 10 jours, vous avez encore de la fièvre, il faudra rester isolé. Vous pourrez sortir de l’isolement 2 jours après l’arrêt de la fièvre. 

 

Si nécessaire, un arrêt de travail sera donné. 

 

Les mesures barrières strictes doivent être maintenues jusqu’à J14 ou J28 pour les patients immunodéprimés (médicaments, greffe d’organe solide, hémopathie maligne sous traitement, VIH non contrôlé ou CD4).. 

 

 

Cas des patients hospitalisés 

 

Suivi du patient hospitalisé

 

Une dégradation respiratoire doit être repérée rapidement, grâce à la mesure de la saturation en oxygène (SpO2) (sauf cas particuliers). 

 

L’avis d’un réanimateur sera demandé si :

 

  • - La fréquence respiratoire est supérieure à 30 cycles/mn
  •  
  • - Le besoin en oxygène est supérieur à 6 l/min pour maintenir la Sp02 au-dessus de 94%
  •  
  • - La PaO2 est inférieure à 60 mmHg
  •  
  • - Insuffisance rénale aigue organique
  •  
  • -    …

 

Tout au long de l’hospitalisation, le patient est surveillé cliniquement toutes les 2h les premières 8h puis toutes les 4h les premières 24h. Le personnel soignant mesure la fréquence respiratoire, la SpO2 et les modalités d’oxygénothérapie, la température, la fréquence cardiaque, la pression artérielle. 

 

Des bilans sanguins et imageries pourront également être prescrits tout au long de l’hospitalisation.

 

 

Traitements

 

Nous avons tout d’abord la prévention des troubles ventilatoires. Plusieurs exercices respiratoires seront pratiqués : mobilisation diaphragmatique, passer la nuit ou plusieurs heures la journée en décubitus ventral (sur le ventre).


L’oxygénothérapie est indiquée si la SpO2 est inférieure ou égale à 94% (≤90% chez patients BPCO).

 

Pour un débit de 4 à 6L, ce sera des lunettes nasales, un masque simple pour un débit jusqu’à 9 L/min, puis un masque haute concentration (avec réservoir) au-delà.

 

L’avis du réanimateur est toujours nécessaire. C’est lui qui décidera d’une éventuelle intubation (ventilation invasive) ou non.

 

Par prévention, des anticoagulants pourront être prescrits.

 

L’antibiothérapie n’est pas systématique, la prise d’antiviraux dépend de chaque cas. Actuellement, l’inclusion dans les essais cliniques est favorisée, toujours avec l’accord du patient.

 

Des corticostéroïdes peuvent être prescrits pendant plusieurs jours. 

 

 

Zoom sur les patients intubés

 

La ventilation invasive est utile quand le patient ne parvient plus à respirer seul. L’acte d’intubation se fait sous anesthésie générale, l’oxygène est envoyé directement dans les poumons.

 

Pour le confort du patient, celui-ci sera parfois mis dans un coma artificiel. Cela permet, de plus, de limiter les besoins en oxygène.

 

Comme vu précédemment, le patient sera mis en décubitus ventral plusieurs heures par jour pour améliorer l’oxygénation du sang.

 

Certains patients seront dialysés. En moyenne, 30% des patients ayant une détresse respiratoire sévère développent une insuffisance rénale aigue.  

 

Le patient sera nourri et hydraté grâce à une sonde débouchant dans l’estomac ou par les veines.

 

 

Sortie et suivi post-hospitalisation

 

Il est possible de sortir de l’hôpital dès qu’une stabilité respiratoire, avec un sevrage en O2 depuis plus de 24h, est retrouvée. L’oxygénation à domicile est possible si les besoins sont inférieurs à 4 litres par minute. La surveillance active est systématique : invitation du patient à s'inscrire sur plateforme de suivi, lui remettre le compte-rendu d'hospitalisation, informer son médecin traitant et lui transmettre consignes précises de surveillance. 

 

Pour les patients qui sont allés en réanimation, l’isolement strict est indiqué jusqu’à 10 jours après le début des symptômes fonctionnels (symptômes que le patient ressent), les mesures barrières strictes doivent être maintenues jusqu’à J24. 

 

Pour une personne-contact : isolement à partir du jour du contact avec un cas confirmé, suivi d’un test diagnostique réalisé au 7ème jour d’isolement. L’isolement sera poursuivi 7 jours supplémentaires si le retour du test est positif.

 

 

Sources :


- COREB Prise en charge et suivi du patient en médecine de ville
- COREB COVID-19 Prise en charge et suivi du patient hospitalisé
- Ameli. « Tester, alerter, protéger » : alerter encore plus vite et mieux

- Ameli. J’ai les signes de la maladie du COVID-19

 

 

Auteur : Service Prévention et Promotion de la Santé de la MGP

 

Publié le 05/03/2021

 

Côté MGP 

En cas d'hospitalisation, de nombreux services utiles sont proposés aux adhérents ayant souscrit une garantie santé dans le cadre de MGP assistance : garde d'enfants, recherche d'un médecin, achat de médicaments…