La consommation de yaourt nature est importante en France ; elle représente pratiquement la moitié des ventes. 
Ce qui est bien. Parce qu’un yaourt nature non sucré est moins sucré qu’un yaourt sucré.


Quoique. Tout dépend de savoir si, au bout du compte, le consommateur rajoute du sucre, ou pas. Et si oui, en quelle quantité.

 

 

On ne sucre pas que les fraises…


On sucre aussi les yaourts ! Il apparaît, en effet, que deux tiers environ des consommateurs sucrent leur yaourt nature ; que ce soit avec du sucre semoule, de la confiture, ou encore du miel.


Du coup, la question se pose : oui, mais combien ? Est-ce un phénomène marginal ? Ou au contraire significatif ?
Une telle question ne restera pas sans réponse puisque des auteurs1  ont cherché à mieux connaître les pratiques de consommation du yaourt nature en mesurant la quantité de sucre ajouté par les consommateurs, et ce en condition réelle (ça veut dire autrement que dans les conditions d’un laboratoire confiné)

 

 

A vos cuillers, prêts…


Pour cette étude, quasi 200 personnes (adultes) ayant l’habitude de sucrer leur yaourt ont été invitées à prendre leur repas, un repas complet en l’occurrence, ponctué d’un yaourt nature, le yaourt de leur choix et sucré avec le produit sucré de leur choix aussi.


La « manip » ensuite est simple : vous pesez le yaourt avant l’ajout de sucre, vous pesez le yaourt après, et vous faites la soustraction.

 

 

Un béguin pour le sucre…


Il se trouve au bout du compte final que les participants ont ajouté, en moyenne, 13,6 grammes de sucre à leur yaourt, soit une quantité de sucre supérieure à celle… d’un yaourt sucré, laquelle est d’un peu plus de 10 grammes (10,2 pour être précis).


Cela dit, il y a eu une forte disparité selon le type de sucre utilisé : ceux qui mettent de la confiture ajoutent deux fois plus de sucre que ceux qui ajoutent du sucre semoule ou du miel, ces derniers ne faisant jamais que compenser les 10 grammes manquants. En clair, la surcompensation n’est faite qu’avec la confiture.


Bien sûr, il faut encore tenir compte d’une disparité selon la quantité, selon que l’on en rajoute un peu, modérément, beaucoup, énormément, les chiffres donnés n’exprimant que la valeur moyenne.

 

 

Tiens, tiens, comme par hasard…


Il s’avère aussi que ceux qui rajoutent le plus de sucre sont ceux qui ont l’indice de masse corporelle le plus important et qui se situent dans la catégorie socio-professionnelle la moins élevée.


Ceux qui en rajoutent le plus aussi sont les plus âgés (un âge supérieur à 65 ans).


A noter encore que la quantité de sucre ajouté est plus importante pour le repas du soir que pour le déjeuner.
Et comme par hasard enfin, la quantité rapportée par les consommateurs a souvent été fortement sous-estimée (d’environ la moitié). Décalage donc entre l’objectif et le subjectif…

 

 

Conclusion des courses


Cette étude est la première à apporter des données précises, à partir d’une méthodologie rigoureuse, d’utilisation de sucre ajouté au yaourt nature lors d’un repas. Elle fait apparaître que la quantité moyenne de sucre ajouté s’est avérée supérieure à celle que l’on trouve dans les yaourts vendus sucrés et qu’elle dépend du type de produit sucrant utilisé.
Du coup une nouvelle question de pose, s’agissant cette fois du sel : il serait intéressant de savoir si on retrouve l’équivalent avec le sel ; si en rajoutant du sel aux produits pauvres en sel, on en a plus au total que dans un plat normalement salé.

 

 

Sources :


- 1How much sugar do consumers add to plain yogurts? Insights from a study examining French consumer behavior and self-reported habits. Saint-Eve A et al, Appetite, 2016, 99 : 277-84.

 

Auteur : LALAU Jean-Daniel (Pr - Médecin nutritionniste)

 

Publié le 10/12/2020