Il n’y a pas bien loin encore, la vitamine D avait toutes les vertus. 


Confère par exemple cet article, émanant de tel ou tel site : « La vitamine D, une vitamine miracle ? Bonne pour les os, pour le cœur, la vitamine D aurait également des propriétés contre le cancer et les maladies cardiovasculaires ».

 

Voyons ce qu'il en est réellement... 

 

 

Une amine, cette vitamine ?


Tout d’abord, la vitamine D n’est pas une vitamine.


« Vitamine », ça veut dire, littéralement, « amine de la vie » : « de la vie », je veux bien, car toutes, de la vitamine A à la vitamine K, en passant donc par la vitamine D, toutes donc sont indispensables à la vie ; mais « amine » ?

 

Eh bien, pas nécessairement. Parce que « amine » se réfère à un radical chimique, un radical que l’on trouve à la base des protéines (cela ne vous rappelle rien, les « acides aminés ?) mais qui n’est pas nécessairement présent dans toutes les vitamines.
 

Vous avez donc les vitamines contenant réellement un radical amine, et qui sont ainsi solubles dans l’eau (elles sont dites « hydrosolubles ») et les vitamines qui n’ont pas de radical amine et qui sont, elles, solubles dans les graisses (elle sont dites « liposolubles »).


Parmi les premières, on distingue notamment la vitamine B1 (la thiamine) ; dans les dernières on dénombre les « vitamines » A, D, E, et K.

 

Comme elles sont solubles dans la graisse, elles peuvent être stockées dans le tissu adipeux en cas de surdosage (alors que tout excès des autres vitamines part dans les urines. 

 

 

Os et vitamine D

 

Mais revenons à nos moutons. La vitamine D a bien sûr, et avant tout, un effet crucial sur la minéralisation osseuse. Notamment parce qu’elle permet de faire absorber le calcium par l’intestin. Ce qui a valu à des générations et des générations la punition d’une cuiller de foie de morue en prévention du rachitisme.


Cela veut dire qu’il faut tout de même du calcium pour générer le plein effet. Aussi, si l’on exclue tout produit laitier de son alimentation et que l’on boit en outre de l’eau, c’est sûr que l’os n’aura pas sa dose.


Raisonnons-donc en couple : vitamine D/calcium.
 

On atteint son contenu minéral osseux au décours proche de l’adolescence ; et autant bien sûr que ce contenu soit le plus élevé possible. Parce qu’ensuite s’amorce une période de décroissance, douce jusqu’à la ménopause mais la pente est raide ensuite.


Et dure sera la chute…
 


Et c’est maintenant que je pose véritablement la problématique :

 

  • - Dans les temps primitifs, les hominidés puis les premiers humains vivaient peu de temps et sous le plein soleil
  •  
  • - Aujourd’hui on vit vieux ou très vieux et à l’ombre dans un bureau, ou à l’ombre tout court dans les zones peu ensoleillées
  •  
  • - Les Hauts-de-France, à cet égard, sont bas de plafond et les taux de vitamine D sont au ras des pâquerettes.


Comment faire, dès lors, pour adapter le métabolisme de l’os à une telle évolution ? Pardon : à un tel bouleversement ? Rendons-nous compte : rien qu’au fil du XXème siècle, l’espérance de vie aura doublé !


 
Doser ? Ou une dose ?


Je pose ainsi la question : convient-il de doser systématiquement la vitamine D, et de compenser ensuite un éventuel déficit ?


En réalité, non, trois fois non :

 

  • - Doser coûte assez cher 
  •  
  • - Doser, c’est pour montrer que, généralement, la vitamine D est soit basse (insuffisance), soit très basse (carence) (mais puisque je vous dis que les Hauts-de-France sont bas de plafond…) 
  •  
  • - La vitamine D, elle, ne coûte trois fois rien.

 


Alors, dès l’âge adulte, une solution simple et de bon goût (et vous aurez de la marge par rapport au foie de morue !) ; foin du dosage de la vitamine, la Faculté vous recommande en lieu et place :

 

 

  • - Printemps-été : une dose de vitamine D tous les 3 mois
  • - Automne-hiver : une dose de vitamine D tous les 2 mois

 

 

Auteur : LALAU Jean-Daniel (Pr - Médecin nutritionniste)


Publié le 10/12/2020