« Vous savez madame, j’ai un défaut : je suis gourmand(e) »… et là, tout est dit ; la consultation ne fait que commencer et nous partons déjà sur des a priori à revoir. Eh bien NON, la gourmandise n’est pas un défaut, c’est une manière d’apprécier les bonnes choses.

 

En cherchant dans le dictionnaire, pour apporter de l’eau à mon moulin, j’ai trouvé ceci :

 

La gourmandise a été considérée pendant des siècles comme un péché. Brillat-Savarin, au XIXe siècle, a souhaité qu’elle devienne un art de vivre à travers la publication de La Physiologie du goût :


« J'ai parcouru les dictionnaires au mot Gourmandise, et je n'ai point été satisfait de ce que j'y ai trouvé. Ce n'est qu'une confusion perpétuelle de la gourmandise proprement dite avec la gloutonnerie et la voracité (…). Définissons donc et entendons-nous. »


« La gourmandise est une préférence passionnée, raisonnée et habituelle pour les objets qui flattent le goût. »


« La gourmandise est ennemie des excès ; tout homme qui s'indigère ou s'enivre court risque d'être rayé des contrôles. »


« La gourmandise comprend aussi la friandise, qui n'est autre que la même préférence appliquée aux mets légers, délicats, de peu de volume, aux confitures, aux pâtisseries, etc. C'est une modification introduite en faveur des femmes et des hommes qui leur ressemblent. »


« Sous quelque rapport qu'on envisage la gourmandise, elle ne mérite qu'éloge et encouragement. »
 
Il s’agit donc bien de la capacité à apprécier la nourriture, à avoir du plaisir à boire et à manger.

 

La gourmandise n’a rien à voir avec le fait de manger de la nourriture en grande quantité, où le fait de grignoter en permanence.

La gourmandise est liée à la notion de plaisir. Un carré de chocolat ou un seul morceau de bon fromage peut satisfaire notre gourmandise.

 

Je ne prends pas ces exemples au hasard ; le chocolat et le fromage sont très souvent cités comme des aliments sources de plaisir, même si la personne ne met pas le mot « plaisir », elle vous dira que c’est son « péché mignon ». Et ça y est, le mot « péché » est de nouveau présent quand on parle des plaisirs alimentaires. On adoucit le mot… on s’excuse, voire on se justifie ! Non, non, et non.

On n’a pas à s’excuser, ni à culpabiliser d’éprouver de doux sentiments à manger ou boire quelque chose de bon.

 


Imaginez quelques instants ce que serait la situation inverse : une vie sans gourmandise

 

Aucun plaisir à manger, pas le moindre petit tressaillement devant un délicieux poulet rôti avec sa sauce brune, un bon morceau de pain craquant, un fromage de chèvre cendré, une tomate pleine de soleil, un beau plateau de fromages, un bon verre de Bourgogne, un crumble aux pomme parfumé à la cannelle… un délicieux chocolat ! Rien… pas la moindre notion de plaisir, ni d’envie.

 

Alors, tout ce qui gravite autour de la nourriture devient une corvée, du temps perdu.

 

Faire les courses ; certes, ce n’est pas toujours très agréable quand il faut passer une heure au supermarché… Mais avez-vous déjà vu le supermarché comme un espace où tout est disponible.

 

Poursuivons. Aller faire son marché, préparer les repas, apprendre ou transmettre un savoir-faire en cuisine, tout n’est qu’ennui et corvée.

 

Alors que deviennent les moments du repas ?

 

En général, ces personnes-là mangent assez vite ; peu d’échanges à table, puisque ce n’est pas un moment agréable, autant qu’il le soit jusqu’au bout.

 

Comme me disent certaines personnes en consultation : « Je mange parce qu’il faut manger, mais rien ne me fait plaisir, je n’ai jamais faim, me mettre à table est une corvée. » Cela peut même générer des angoisses quand le moment du repas arrive.

 

D’autres vont même jusqu’à ne plus partager ce moment avec les autres membres de la famille. Quand on sait que le repas est l’un des moments où la famille se retrouve enfin, alors ce moment précieux est perdu. Cela peut jouer sur les relations entre les membres de cette même famille. La nourriture, l’acte de manger, cuisiner, l’aspect social du repas… ne sont que déplaisir.
 

 

Et la diététique dans tout cela ?

 

Je vous parle de gourmandise, pas de nourriture mangée à profusion, ou plus que votre corps en exprime le besoin.

 

Apprécier, se délecter d’un carré de chocolat ou d’une part de très bon fromage n’est pas un souci en soi.

 

C’est peut-être le regard des autres qui vous gêne ?

 

En quoi aimer les bonnes choses pose un souci de santé ? Vous ne prendrez pas plus de poids en mangeant un bon pain craquant plutôt que de la baguette infâme ; il en est de même avec tous les aliments.

 

Vous ne mettrez pas votre santé en péril en dégustant une tomate mûrie au soleil avec une feuille de basilic et quelques gouttes d’huile d’olive, plutôt qu’une tomate du bout du monde, pas mûre, avec une vinaigrette industrielle.


Vous me direz : « Oui, mais manger bon coûte cher. » Certains produits de bonne qualité comme la viande par exemple ont un prix plus élevé ; et encore, en cherchant de bons fournisseurs, ils arrivent à offrir des prix convenables, avec un très bon rapport qualité/prix. Je pense qu’il faut s’échanger des adresses, tester, goûter ; le supermarché n’est pas l’unique endroit où l’on peut faire les courses ; bien au contraire. La gourmandise rend curieux !


Un jour, une collègue me dit : « Pour être une bonne diététicienne, il faut être gourmande », sous-entendu aimer et comprendre que la nourriture est une source de plaisirs.


Je partage complètement son avis ; j’ai été « gourmande » avant de devenir diététicienne ; je pense que je suis tombée dans le chaudron de la gourmandise quand j’étais petite. Ce n’est pas de la potion magique, mais on s’en approche.

 


Et vous, êtes-vous gourmand ?
 

 

Auteur : MARIE-MAGDELAINE Cécile (Diététicienne)

 

Publié le 10/12/20

 

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