Tempête dans un paquet : la consommation de bonbons est associée à des événements de santé défavorables.
« Comment cela ? Ils vont nous sucrer en plus les bonbons ? »

 

 

Un bonbon, c’est bon


Bien sûr ! D’ailleurs, si on dit deux fois que c’est bon — bon-bon —, c’est bien parce que c’est vraiment bon. Ça fait du bien par où ça passe. Ce qui est bon, en particulier, c’est le côté « mou-doux ». 


Il est vrai qu’un bonbon, ça peut être dur aussi ; mais dans tous les cas, ça fond dans la bouche avec un goût sucré ou acidulé, et avec des arômes en plus. Ou encore c’est chocolaté. Etc., etc.

 

 

Deux bonbons, c’est mieux


Vous savez ce qu’il y a de meilleur qu’un bonbon ? Deux bonbons ! 
Parce que quand c’est bon, c’est bon ! Or, pas le temps d’en avaler un que le plaisir est déjà parti.
Du coup, je remets la main dans le paquet.

 

 

Mais trois, bonjour les dégâts ?


En fait, ce n’est pas le troisième qui pose problème. Le problème tient plutôt au fait que quand on en a pris trois, c’est que l’on en a pris un, puis deux, et encore après trois. 


Et alors, pourquoi s’arrêter à trois, puisque le plaisir est dans l’absence de limites ? Ne dit-on pas que « quand on aime, on ne compte pas » ?


Du coup, je remets la main dans le paquet…

 

 

Le revers de la médaille (en chocolat)


Bon, bon ; puisque vous insistez, je vais lister les problèmes que l’on peut observer avec une consommation excessive de bonbons :

 

  • - Des caries, mais ça, vous le saviez déjà. N’empêche que ça fait des trous dans les dents, et dans le budget de la Sécu aussi
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  • - Des étouffements, mais ça, vous l’imaginiez bien. Quand un jeune gosse avale un bonbon de travers…
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  • - Il faut ajouter à cela le fait que les sucres des bonbons sont une source de calories « futiles », faite de sucre seulement ; tandis que si vous prenez plutôt un jus de fruit, vous avez en outre de la vitamine C, des antioxydants, etc.
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  • - Il y aussi un effet nocif direct. Il a été montré, en effet, que la consommation importante de sucres simples était associée à un risque accru de cancer du côlon. Pour comprendre cela, on peut invoquer le rôle de l’insuline, dont la sécrétion est stimulée par la prise de sucres. Or, l’insuline s’avère être un puissant facteur de croissance
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  • - Il y a encore un effet, cette fois indirect. Quand on se « gave » de bonbons — pardonnez-moi l’expression — il est rare qu’il n’y ait pas parallèlement un déséquilibre alimentaire associé, et c’est ce déséquilibre qui est alors un facteur de risque (d’obésité, de diabète, et au bout du compte de maladies cardiovasculaires et de cancer)
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  • - Enfin, il y a une hypothèque avec les colorants et autres additifs. Le moins que l’on puisse dire avec nombre de bonbons est que leur couleur n’est pas très naturelle…

 

 

Le risque du danger


En fait, nous pouvons déplacer le questionnement : c’est le rapport que l’on entretient avec l’équilibre. Honnêtement, c’est quoi le problème de prendre un bonbon de temps en temps ?


Attention donc à ne pas dire que « les bonbons sont bons », ou que « les bonbons sont mauvais ». Une telle dichotomie est totalement dénuée de sens.


S’exprimer ainsi reviendrait à raisonner en termes de danger, en oui/non, on/off. En réalité, le débat est plutôt celui d’un niveau de risque, dans les situations de consommation excessive ; et un risque alors augmenté un peu, beaucoup, énormément, etc.

 

 

À la fin des faims


Mais nous pouvons déplacer encore le problème. Ce que l’on interroge, avec la consommation de bonbons, c’est en définitive ce que l’on met dans la bouche en général. En un mot, c’est l’oralité, le « doudou ».


C’est, comme le disent les psychanalystes, l’objet transitionnel, entre le soi et le monde. Et là, nous ne parlons plus simplement du mouvement répétitif de mise à la bouche de 1, ou 2, ou 3, ou n bonbons ; de la mastication mécanique. Les choses deviennent, au contraire, beaucoup, mais alors beaucoup plus compliquées.

 

 

Conclusion des courses : ne pas mettre le paquet


Cela dit, nous ne sommes pas non plus obligés de compliquer à l’envi. Il y a aussi le phénomène de société lui bien « simple », et récurrent, suivant : celui de l'enfant à destination duquel on a disposé sous le nez dans les grandes surfaces des mètres et des mètres de bonbons, et qui pleure pendant les courses.


Pourquoi pleure-t-il ? Je vous le demande bien… L'enfant sait très bien qu’il va se faire gronder (« Si t’es pas sage… ») mais aussi que s’il continue à pleurer, il aura finalement droit à un paquet de bonbons (celui qu’il ne cesse de montrer du doigt) pour fiche la paix aux parents dans la poursuite des courses.
Les parents poussent le chariot, et l'enfant pousse ses parents.

 

L’équilibre, une nouvelle fois, ça se joue au niveau de l’achat.

 

 

Auteur : LALAU Jean-Daniel (Pr - Médecin nutritionniste)

 

Publié le 10/12/2020

 

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