Je vais thématiser le chocolat, mais pas pour aborder l’équilibre énergétique seulement. Ce qui m’intéresse plutôt, c’est le rapport que l’on peut entretenir avec le chocolat.

 

 
Faire la fête au chocolat ?


Problématisons donc : le plaisir de manger n’est pas nécessairement innocent. N’est-ce pas ? En l’occurrence, avec le chocolat, c’est si je puis dire un forfait. Car on a le goût, et aussi l’arrière-goût. Un arrière-goût de culpabilité souvent.


Prêtons donc attention à une étude réalisée à ce sujet1.

 


Ambivalence, quand tu nous tiens…


Une étude vient donc d’être publiée. L’idée était de savoir si les personnes qui éprouvent un sentiment de culpabilité en mangeant un gâteau au chocolat ont, ou pas, un comportement  alimentaire différent de ceux qui confèrent, au contraire, à un tel gâteau un aspect festif.


Pour ce faire, des questionnaires alimentaires ont été réalisés, aussi bien pour apprécier la perception du comportement alimentaire (et donc la subjectivité), et la variation éventuelle de poids (avec un critère cette fois objectif).

 

 

L'étude en question

 

L’étude a été réalisée pendant une période de dix-huit mois (soit pratiquement de Pâques à Noël de l’année suivante…).


La population ? Un échantillon de sujets néozélandais, composé pour environ trois-quarts de femmes (n = 190).

 

Le changement de poids a également été mesuré au bout de trois mois dans un sous-groupe de personnes désireuses de perdre du poids (n  = 81).

 


Les résultats carrés


Le fait de manger un gâteau au chocolat s’est trouvé associé à une culpabilité dans environ un quart (27%) de l’échantillon total, mais de façon très inégale selon le genre : 30% chez les femmes, et 17% pour les hommes. Soit près d’un facteur 2 entre hommes et femmes. Nous ne sommes pas égaux devant la culpabilité !


S’agissant du poids, l’association « gâteau/culpabilité » s’est avérée être associée à une prise de poids plus importante après dix-huit mois (+ 2,4 kilos en moyenne) que l’association avec la festivité (+ 0,4 kilo). Subjectivement, les participants qui associaient une culpabilité au gâteau au chocolat avaient volontiers tendance à considérer qu’ils ne mangeaient pas de façon saine ; ils se sont avérés moins confiants quant à leur capacité de manger de façon équilibrée dans le futur.

 


Et encore un carré ?


Dans la sous-population désireuse de perdre du poids, la consommation du gâteau au chocolat était trois fois plus souvent associée à une culpabilité (37% contre 13%, versus ceux qui ne souhaitaient pas perdre de poids).


A la fin des faims – et c’est le plus intéressant de l’étude – ces mêmes participants qui désiraient perdre du poids ont pris du poids (dans l’intervalle du trimestre) quand elles associaient le gâteau à une culpabilité (+ 1,25 kilo) alors que ceux qui lui conféraient un aspect festif perdaient, au contraire, près d’un demi kilo.


Etre, ou ne pas être. A côté de la plaque…


Finalement, qu’est-ce que montre cette étude ? Si je force le trait, on pourrait dire que les messages culpabilisants sont une bonne façon de faire prendre du poids. Pour le dire plus simplement, ces messages sont contre-productifs.


Ne condamnons donc pas l’esprit festif : la fête ne rime effectivement pas avec la débauche ! (sinon cela ne rime à rien…)

 

 

Sources :

 

1Kuijer RG & Boyce JA. Chocolate cake. Guilt or celebration? Associations with healthy eating attitudes, perceived behavioural control, intentions and weight-loss. Appetite, novembre 2013.

 

Auteur : LALAU Jean-Daniel (Pr - Médecin nutritionniste)

 

Publié le 10/12/2020

 

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